Cinéma : No gazaran de Doris Buttignol et Carole Menduni

Sortie le mercredi 2 avril.

Ce film documentaire a pour objectif d’informer les spectateurs sur la problématique de l’exploitation des gaz de schiste. Les lecteurs de l’Anticapitaliste connaissent les dangers de cette technique actuellement mise en œuvre au USA et au Canada, la fracturation hydraulique, pour exploiter cette ressource. 

En plus de déstabiliser les couches sédimentaires profondes favorisant les séismes et la grande consommation d’eau, c’est la pollution des nappes phréatiques qui constitue le principal « crime ». Les produits chimiques injectés dans les roches sous haute pression (divers composés aromatiques comme le benzène et autre phénols, chromates ), tous cancérogènes, se retrouvent par la suite dans les sources et dans les stations de pompage qui alimentent les réseaux d’eau (non) potable. Sur ce point, le film présente quelques images « cocasses » au Canada et aux États-Unis. Par ailleurs, alors que le réchauffement climatique, dû à l'activité humaine, est accepté par la communauté scientifique, les multinationales gazières et pétrolières poursuivent la course mortifère aux hydrocarbures à fort effet de serre.
C’est à la rencontre des mobilisations citoyennes dans les Cévennes et en Brie que les cinéastes nous convient. Scandalisés par l’absence totale de démocratie dans l’octroi par l’administration de permis d’exploration, sans consultation des populations locales, les mobilisations spontanées du monde paysan, des habitants, des élus locaux (poussés sans doute par leurs bases électorales), ont permis de mettre un point d’arrêt, pour l’instant, à l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste en France.

Cependant le danger est toujours présent, car si la fracturation hydraulique est légalement condamnée dans notre pays, l’imagination fertile des industriels, avec la complaisance de quelques milieux politiques, au niveau national et européen, essaient sous des vocables différents de faire avaliser la même potion empoisonnée.
C’est pour cela que la mobilisation se poursuit, et comme à Notre-Dame-des-Landes, les anticapitalistes doivent continuer à prendre place dans ce combat. L’écologie et le socialisme sont inséparables.

JPP

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