Casse pas la Poste, pauv' con !

Impressionnant. La votation citoyenne contre la privatisation de la poste est un vrai succès. Plus de 2 millions de votants, c'est beaucoup, c'est au-delà des prévisions les plus optimistes et ça regonfle le moral.

D'abord celui des postiers qui reçoivent un net soutien à leur action. Mais c'est bon pour tout le monde. Cela montre que la contestation, le mécontentement sont bien présents.

Il est de la responsabilité de toute la gauche syndicale, associative et politique, sans sectarisme et sans exclusive, de leur permettre d'éclater au grand jour. Il faut infliger une défaite sociale à ce gouvernement.

La votation citoyenne, c'est aussi la victoire d'une méthode, celle de l'unité la plus large, celle de l'engagement militant pluraliste sur le terrain.

Il y a mille sujets sur lesquels nous pouvons, nous devons nous battre. Mais puisque c'est sur la menace de privatisation de la poste que les choses se sont nouées, poursuivons, approfondissons. Les porte-flingues de Sarkozy ont senti le danger et se précipitent dans les médias pour dénoncer la légitimité de la votation. Et bien s'ils veulent véritablement connaître l'avis de la population, qu'ils organisent un référendum !

Comme le résultat est largement prévisible, il est évident qu'ils n'en prendront pas le risque. Pire, le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, vient d'indiquer que le texte permettant la tenue de référendums d'initiative populaire sera discuté d'ici à la fin de la session parlementaire, fin juin 2010, c'est-à-dire... après la réforme de la Poste !

Alors, il faut faire monter la pression d'un cran. Par la grève des postiers, en poursuivant la votation pour faire monter le score du référendum populaire et en organisant une manifestation nationale de tout le monde. Et pourquoi pas porter les bulletins de vote en manif à l'Elysée ?

Olivier Besancenot

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