Besancenot candidat aux européennes ? (Le Monde 13/08/2013)

Olivier Besancenot, candidat aux européennes de 2014 ? Si l'ancien candidat à la présidentielle de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), qui avait jeté l'éponge pour 2012, assure que "rien n'est arrêté", Philippe Poutou, lui, se montre moins catégorique. Selon ce dernier, M. Besancenot pourrait se présenter en Ile-de-France quand lui-même se lancerait dans le Sud-Ouest."Si tout se passe bien, on part sur cette configuration, mais le premier défi est d'ordre financier", affirme au Monde.fr M. Poutou.

Car l'UMP n'est pas la seule à avoir des difficultés financières suite aux dernières campagnes électorales. Après une année 2012 particulièrement difficile, le NPA a été contraint de lancer une nouvelle souscription et espère récolter au moins d'un million d'euros. Un challenge pour le parti trotskiste dont les finances sont dans le rouge. "A la différence de l'UMP, nos comptes de campagne ont été validés, nous n'avons ni triché ni magouillé", précise M. Poutou.

Mais le faible score du NPA aux législatives de 2012 ne leur a pas permis de bénéficier du financement public qui leur rapportait depuis 2007 près de 900 000 euros annuels. Un manque à gagner très important d'autant que le parti trotskiste, qui vit aussi des cotisations de ses militants, a vu le nombre de ces derniers fondre depuis sa création en 2009. Revendiquant alors plus de 9 000 adhérents, il n'en compte aujourd'hui plus que 2 500. A peine plus que les effectifs de la LCR. "Cela se stabilise, affirme pourtant M. Poutou. Mais ça ne suffit pas : on sait qu'on 'réattirera' du monde quand il y aura un retournement social."

"Effort substantiel"

L'objectif de la souscription est donc de permettre au NPA d'être présent aux élections municipales et européennes de 2014. "On veut mener une bataille politique autour de cette souscription, explique M. Besancenot. Savoir si les gens pensent que le combat qu'on mène quotidiennement justifie qu'on soit présents à chaque élection."

 Pour M. Poutou, "le gros défi" reste cependant les européennes, où le NPA aimerait pouvoir présenter des candidats dans toutes les "euro-régions"."Les municipales, on peut les gérer,juge M. Poutou. Mais, d'après nos calculs, nous avons besoin d'environ 1,2 million d'euros pour les européennes. Si on veut exister l'année prochaine, nous avons besoin de cet effort financier."Un défi de taille pour le parti trotskiste, qui traditionnellement ne récolte qu'entre 200 000 et 300 000 euros lorsqu'il lance une souscription."Cela représente un effort substantiel", reconnaît M. Besancenot.

En attendant, le NPA espère bien capitaliser sur le mécontentement qui pourrait naître de la réforme des retraites. M. Poutou, qui juge "catastrophique" l'action du gouvernement, mise sur "une bataille sociale" à la rentrée."Tout est possible", assure également M. Besancenot. Son but : "Faire en sorte que la gauche non-gouvernementale réserve sa première rentrée agitée au gouvernement."

 

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