Bande dessinée : 40e festival d'Angoulême

Avec notamment un hommage à Uderzo (le créateur d'Astérix) et au pape du manga japonais Leiji Matsumoto (père notamment de Capitaine Albator et de Galaxy Express 999), tous deux octogénaires, le festival d’Angoulême n'a pas raté son succès populaire et c'est tant mieux.
Le choc de la BD Coréenne
La vraie découverte de ce festival fut le choc de la jeune BD coréenne, le manhwa. Une BD qui n'hésite pas à revenir sur la sinistre occupation japonaise comme sur les années de dictature des années 60-80 et les luttes ouvrières qui en vinrent à bout. Cette nouvelle BD n'hésite pas aussi à aller à rebrousse-poil de l'histoire officielle sur la division du pays.
Les albums les plus récents mettent en scène des étudiants ou familles en butte à la spéculation immobilière. Tous ces auteurs révèlent une tradition graphique et narrative originale, constituée de longue date autour d’une identité culturelle très affirmée. La BD coréenne est riche de nombreuses personnalités artistiques et nous n’en citerons ici que quelques-uns présents à Angoulême : Lee Doo-ho, Kim Dong-hwa ou Park Kun-woong.
Adieu J.C. Denis
Jean-Claude Denis, président de cette 40e édition, livra une exposition toute en délicatesse à l'hôtel Saint-Simon. Les fans purent découvrir des planches originales de Luc Leroi, son héros de série mais surtout ses albums les plus auto-biographiques baignés par la lumière éclatante de l'estuaire de la Gironde comme « Quelques mois à l'Amélie » (côté Gironde avec incursion à Royan en hiver) ou « Tous à Matha » (côté Charente).
Bienvenu Willem
Le dessinateur Willem sera donc le président du 41e festival. Nous aurons le temps d'y revenir mais son dessin dans le journal Libération spécial Angoulême faisait dire à un des parents d'un couple homosexuel à leur petite fille « Si tu n'es pas sage, j'appelle Frigide Barjot… » Un bon départ !
Sylvain Cachi

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