Bachelothérapie en Creuse.

Ce qui se passe à Guéret (Creuse) est à l’image des attaques généralisées et méthodiques sur la santé et plus globalement sur l’ensemble des services publics. Permettre à l’ensemble de la population, quel que soit l’endroit où elle habite, d’avoir accès aux mêmes droits est révolu sous l’ère sarkozienne.
Aujourd’hui, un service ne doit plus être utile mais rentable. Et pour cela, on fixe, avec une méthode scientifique que même les professionnels ne comprennent pas, des seuils à dépasser pour obtenir le label permettant son maintien. Dans le service de radiothérapie de Guéret, fermé depuis le 30 juin, le seuil d’autorisation était à 600 patients par an avec deux appareils, à moins d’être à plus de trois heures de route aller-retour d’un autre centre de radiothérapie. Or, Guéret, avec un seul appareil, n’a atteint que 230 patients en 2009 et se trouve à moins de deux heures de route du centre hospitalier de Limoges (Haute-Vienne) ou de la clinique de Montluçon (Allier). Y avait-il eu des accidents auparavant ? Le matériel est-il obsolète ? Non ! Un patient qui doit déjà gérer son cancer doit-il en plus effectuer un long trajet pour se faire soigner ? Assurément oui, pour la ministre de la Santé !
Les personnels de l’hôpital, usagers, élus et organisations syndicales, associatives et politiques se sont donc mobilisés durant plusieurs mois, épuisant l’ensemble des actions « traditionnelles », jusqu’au 10 juillet. Ils ont provoqué une assemblée extraordinaire des maires, réunissant 200 éluEs avec 400 manifestantEs devant la mairie, qui a pris acte de la rupture du dialogue avec l’État et voté à l’unanimité plusieurs mesures, dont la création d’une cellule de veille, avec un numéro vert pour enregistrer les plaintes de tous les patients pour « mise en danger de la vie d’autrui » contre Roseline Bachelot, et un ultimatum lancé à l’État : si le service ne rouvre pas d’ici septembre, les maires mettront au vote une démission collective de tous leurs conseils municipaux.

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