Anticapitalistes dans l’auto

Ce samedi 1er octobre, avec ce grand soleil d’été indien, il fallait être motivé pour participer à la troisième rencontre nationale de la branche automobile du NPA. Mais la situation dans la filière nécessitait bien de faire le point et de réfléchir aux ripostes à construire. Une petite quarantaine de militantEs du secteur avec tous les grands constructeurs représentéEs mais peu de sous-traitants et équipementiers ont débattu le matin des évolutions en cours dans la filière et de leurs conséquences. Si la grande dépression des années 2008-2009 qui avait vu la production baisser de moitié aux USA est derrière nous, les restructurations sont elles devant nous, notamment en Europe.

En effet, si la crise a immédiatement entraîné une grande recomposition aux USA, en Europe et notamment en France, le soutien des États a permis de passer ce premier cap, la course à la productivité va provoquer une accélération des modifications importantes de l’activité des grands groupes. D’ores et déjà, PSA a supprimé des milliers de postes d’intérimaires et de CDD et plusieurs projets de fermeture de site sont à l’ordre du jour, de Sevelnord à Madrid en passant par Aulnay. Chez Renault, la multiplication des semaines de chômage technique risque bien de n’être que la préparation de suppressions massives de postes de travail voire de fermeture de sites. Et partout, à l’image des États-Unis ou de l’Italie, la volonté de remettre en cause code du travail et droits collectifs.

Construire la riposte, c’est à la fois refuser tous les licenciements, toutes les fermetures de site mais aussi se battre pour les salaires et les conditions de travail. Ne pas payer leur crise, c’est dans la filière auto refuser toutes les conséquences de leur course à la productivité, à la rentabilité, aux profits. C’est aussi se confronter aux conséquences du « tout bagnole, tout camion » du point de vue écologique et social.

Construire les mobilisations, c’est faire connaître toutes les luttes dans les grands groupes comme chez les équipementiers et sous-traitants. C’est tout faire pour les coordonner, les étendre tant au niveau des régions que dans les groupes et dans l’interprofessionnel. La Fonderie du Poitou, Goodyear, ces têtes d’affiche doivent devenir les têtes de pont d’une généralisation des mobilisations.

L’après-midi était consacré à la construction de notre implantation, de nos interventions. Des difficultés à construire cette journée à celles rencontrées pour investir le quasi-désert militant des équipementiers en passant par celles affrontées pour renouveler les équipes constituées, rien n’a été éludé. Des bulletins d’entreprise réguliers, des comités de boîte qui débattent de l’intervention politique et syndicale tout en assurant une formation indispensable sont l’objectif de toutes et tous. La rigueur des débats, un début de rajeunissement et la présence de Philippe Poutou dont les collègues affirment qu’il est le candidat des Ford ont suffi à nous faire repartir sur les chapeaux de roues.
Pour suivre notre activité dans le secteur automobile : http://www.npa-auto-critique.org/

Robert Pelletier

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