8 mars : toutes et tous dans la rue pour les droits des femmes

Le 1er février, des dizaines de milliers de femmes espagnoles se sont mobilisées pour protester contre le projet de loi limitant drastiquement le droit à l’IVG en Espagne ; en France aussi 40 000 personnes sont descendues dans la rue pour défendre le droit à l’avortement, le droit à disposer de son corps. Cette manifestation a été une réussite : les femmes sont attachées au droit à l’avortement et continueront à le défendre ! Des mobilisations locales, comme pour le centre IVG de Tenon (Paris XXe) ont permis des réouvertures avec davantage de moyens. Et les luttes continuent !

En effet, les attaques contre les droits des femmes se multiplient. Avec l’approfondissement de la crise et la montée des idées d’extrême- droite, la situation des femmes est chaque jour plus difficile. Retours au foyer forcés, sous-emploi, dégradation des conditions de travail et de vie… la crise économique frappe durement les femmes. Loin de chercher à limiter les dégâts, les politiques d’austérité du gouvernement s’abattent toujours plus violemment sur elles.

A la fois main-d’œuvre principale et principales usagères, les attaques contre les services publics, en particulier contre le service public de santé, d’éducation, de petite enfance, sont d’abord des attaques contre les femmes. Les politiques d’austérité ont des conséquences très concrètes dans la liberté des femmes à disposer de leurs corps, lorsque les centres IVG, les maternités et les urgences médicolégales, qui accueillent les femmes victimes de violences voient leurs ressources drastiquement réduites, quand ils ne sont pas simplement fermés.

L’idéologie d’extrême-droite, reprise par les mouvements de tous bords dans une stratégie populiste opportuniste, ne rencontre aucune opposition de la part du gouvernement, au contraire ! A la suite des mobilisations homophobes de l’année passée, les mobilisations surréalistes autour d’une « théorie du gender » qui relève de la légende urbaine ont eu un impact très réel sur les femmes et les LGBTI. A en croire le gouvernement, nous devrions nous excuser de vouloir en finir avec les stéréotypes de genre, et rassurer les réactionnaires !

Le droit à disposer de son corps pour toutes les femmes, qu’elles soient hétéros ou lesbiennes, c’est aussi le droit à la PMA (Procréation Médicalement Assistée). Le retrait de la « loi famille » au motif qu’elle serait un cheval de Troie pour l’ouverture de la PMA à toutes les femmes est inadmissible ! D’abord parce que la « loi famille », avec toutes ses limites, devait comporter de nouvelles mesures utiles notamment aux familles recomposées, mais surtout parce que la PMA était bel et bien une promesse de campagne du candidat Hollande, et qu’il cherche maintenant à l’enterrer à tout prix ! Nous ne céderons pas devant les homophobes : la PMA, on l’aura ! En Espagne comme ailleurs, il faudra descendre dans la rue pour le droit à disposer de notre corps !

Nous revendiquons :
- le maintien ou l’ouverture de centres IVG dans tous les hôpitaux
- l’accès à l’information, à la contraception, aux moyens de protection, et à l’IVG libres et gratuits, abrogation de la loi HPST qui ferme les services sous prétexte de créer des “pôles”
- l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, en couple ou non, hétéros ou non
- une éducation dès le plus jeune âge pour l’égalité homme-femme et contre l’homophobie, et une éducation à toutes les sexualités dès le collège

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