15 000 manifestants à Bayonne pour les prisonniers politiques basques

C’est samedi 10 novembre à 15 h 30, sous une pluie battante, qu’un impressionnant cortège a démarré de la place des Basques à Bayonne. Une manifestation d’une ampleur inédite en faveur des prisonniers basques, dix jours après l’arrestation d’Aurore Martin. Du jamais vu à Bayonne !
En tête, les familles portaient les photos des prisonniers politiques basques (plus de 600 dans les prisons espagnoles et françaises) dont celle d’Aurore Martin. Venait ensuite la banderole des réfugiés politiques basques, puis celle des élus et représentants d’organisations politiques et syndicales, parmi lesquels Philippe Poutou. Enfin le gros de la manifestation avançait en rangs serrés, parcourant des rues souvent trop étroites. La présence du Pays Basque Sud était visiblement très importante (60 à 70 bus avaient été annoncés). 
Le NPA était présent avec les camarades du Pays basque bien renforcés par le Grand Sud Ouest (Gironde, Lot-et-Garonne, Toulouse, Montpellier). Nous avons distribué 5 000 tracts bilingues basque-français « Pour la libération immédiate d’Aurore Martin / Pour les droits des prisonnierEs politiques basques, pour leur libération » ainsi que 1 500 autocollants également bilingues. 
Une protestation massive
Cette manifestation était prévue depuis plusieurs mois. Dans le nouveau contexte politique du Pays basque, le refus des États espagnol et français d’amorcer tout dialogue, et pire, le choix de poursuivre dans la voie répressive entraînent de plus en plus de protestation, de la part d’organisations, d’éluEs, et aussi dans la population. L’extradition d’Aurore Martin est perçue comme une mesure répressive supplémentaire qui agrandit le fossé entre les gouvernements et les exigences démocratiques du peuple basque. 
Sans nul doute, le 10 novembre 2012 marque une date importante dans la lutte pour les droits démocratiques au Pays basque. La résolution politique, démocratique et pacifique du conflit est en marche, de façon unilatérale pour le moment puisque les États font la sourde oreille et ne veulent pas du dialogue. Jusqu’à quand pourront-ils garder une telle attitude et continuer dans la voie répressive ?
La question centrale des prisonnierEs
La manifestation était centrée sur la question des prisonniers (les presos), l’un des points incontournables et urgent du processus de paix. Le mot d’ordre le plus scandé était « Presoak etxerat, Amnistia osoa » (« Les prisonniers à la maison, amnistie totale »). Il y a d’une part les revendications immédiates qui sont liées à la simple application du droit actuel : regroupement des presos au Pays basque, libération des presos gravement malades, des « conditionnables » etc. D’autre part, il y a l’objectif de l’amnistie pour les réfugiéEs et les presos, la libération de toutes et tous, en les rétablissant dans l’ensemble de leurs droits. Herrira, mouvement social populaire de soutien aux prisonnierEs et réfugiés politiques basques, organisateur de la manifestation, résume bien cette mobilisation : « Jamais la question des presos et le processus de paix n’ont provoqué pareil mouvement de solidarité ».
Le combat continue ! Le 12 janvier prochain à Bilbao, est organisée une nouvelle manifestation pour les presos et les réfugiés. Elle s’annonce encore plus massive que celle de l’an dernier qui, le 7 janvier 2011, avait rassemblé des dizaines de milliers de personnes. C’est bien la rue qui forcera les États espagnol et français à satisfaire les revendications démocratiques en Pays basque, ce qui commence aujourd’hui par l’arrêt de la répression et l’ouverture du dialogue pour le respect des droits des presos.
Claude Larrieu

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