«12 years a slave » : retour sur la barbarie esclavagiste

Adapté d’une autobiographie, la sortie il y a deux semaines de l’excellent film « 12 years a slave » a remis en lumière la barbarie de la traite négrière. Livre et film racontent le récit édifiant de Salomon Northup, un homme libre arraché à sa famille dans l’État de New York, pour être vendu comme esclave dans le sud du pays. 
C’est l’occasion pour l’Anticapitaliste de donner par une longue interview un éclairage historique particulier, et de revenir sur les films et livres consacrés à ce sujet.


Hollywood et l’esclavage : de Naissance d’une nation à 12 years a slave

« On a tourné à Hollywood davantage de films sur les esclaves gréco-romains que sur les esclaves amenés d’Afrique », dit Steve McQueen, réalisateur de « 12 years a slave » (1). De fait le cinéma américain revient de loin et n’a pas consacré plus d’une vingtaine de films à l’esclavage...

Hollywood n’a pas toujours dénoncé cet esclavage, mais l’a souvent édulcoré, voire encensé, comme Naissance d’une nation (1915) de D.W. Griffith, sans doute le film le plus raciste de l’histoire, souvent vanté pour ses qualités techniques, qui fait l’apologie du lynchage et du Ku Klux Klan, dont il favorisa la renaissance. Les Noirs étaient interprétés par des acteurs blancs aux visages grimés. On les voit joyeusement danser pour leurs maîtres… après douze heures de travail dans une plantation. Scène de danse qui a d’ailleurs été reprise d’une tout autre manière par Steve McQueen : cette fois, c’est un planteur qui contraint les esclaves épuisés à danser pour s’amuser.

Apologie de l’esclavage
S’il est moins grotesque que le film de Griffith, Autant en emporte le vent de Victor Fleming, succès planétaire sorti en 1950, s’affirme comme l’archétype des films qui sacrifient à la nostalgie du « bon vieux Sud », où l’on vivait heureux avant que les Yankees ne viennent tout détruire. On y rencontre notamment le personnage incontournable de la « mama » noire, en adoration devant ses maîtres, lesquels la traitent quasiment comme un membre de la famille. Cette image de la domestique noire soumise sera d’ailleurs présente dans d’innombrables films. 
Quant aux révoltes d’esclaves, on en chercherait vainement la trace dans le cinéma américain.
Si la Piste de Santa Fé (1940) de Michael Curtiz évoque l’épopée du pasteur abolitionniste John Brown, qui lança une insurrection en Virginie et fut pendu en 1859, c’est pour en faire… un méchant de western. En face de lui, on trouve le jeune Ronald Reagan qui, rôle prémonitoire, endosse la tunique bleue du général Custer, sinistre massacreur d’Indiens !
Dix-huit ans plus tard, l’Esclave libre de Raoul Walsh prend quelques distances avec la vision idyllique de l’esclavage, mais c’est pour idéaliser les rapports amoureux que peut nouer une belle esclave avec son généreux et séduisant maître, Clark Gable en l’occurrence.
Il faudra attendre 1975 et le développement des mouvements noirs radicaux, pour que Mandingo de Richard Flesher mette en lumière toute la barbarie de la société esclavagiste, en particulier le comportement sordide de ces relations sexuelles imposées. Véritable antithèse de Autant en emporte le ventMandingo apparaît par sa violence comme une œuvre dérangeante qui sera injustement rejetée par une critique et des spectateurs qui ne sont pas encore prêts à admettre la réalité dans toute son horreur. Pour la première fois était évoquée une révolte d’esclaves, mais celle-ci disparaissait des écrans après une coupe d’une heure qui ressemblait fort à une censure ! Notons que Quentin Tarantino s’est sans doute inspiré d’une des scènes les plus épouvantables de ce film, les combats d’esclaves organisés par leurs maîtres, qu’il reprendra dans Django unchained quarante ans plus tard.

De la récupération à l’« appel aux armes »
Après la fin de la ségrégation, le regard du cinéma américain sur l’esclavage évoluera donc : plus personne ne se risquera à le présenter de façon idyllique, mais on assistera à une véritable récupération, une sorte de « blanchiment » de la lutte abolitionniste dont le réalisateur Spielberg sera le principal promoteur. 
Amistad (1998) donne ainsi la vedette à des avocats blancs qui défendront des esclaves noirs révoltés. Plus encore, Lincoln (2013), véritable opération de falsification historique, met l’abolition au crédit d’une poignée de politiciens blancs dont certains sont corrompus. On notera au passage que Spielberg omet de rappeler que Lincoln refusa d’intervenir en faveur de John Brown, qu’il considérait comme un dangereux fanatique… 
Hollywood réussit donc le tour de force de faire, même sur un tel sujet, l’apologie de la grande démocratie américaine. 
Les deux films les plus récents, Django unchained et 12 years a slave rompent heureusement avec cette vision ultra paternaliste. Même si c’est sous la forme fantaisiste d’une parodie de western spaghetti, Tarantino se place résolument du côté de son super héros black. 
Steve McQueen nous montre enfin l’esclavage du point de vue de ceux qui le subissent. Il analyse les stratégies de survie des opprimés qui doivent feindre la soumission. Si certains maîtres se veulent humanistes, leur générosité s’arrête toujours là où leurs intérêts sont en jeu. 
Ce film souligne que l’esclavage n’est pas le produit de la méchanceté humaine mais un système particulier d’exploitation de l’homme par l’homme. À la fin de chaque journée de travail, le planteur comptabilise la quantité de coton récoltée par ses esclaves et s’efforce de les mettre en concurrence. Un Blanc, tombé dans la déchéance et réduit à s’embaucher comme cueilleur de coton salarié, sera d’ailleurs soumis lui aussi à cette pratique. 
« Mon film est un appel aux armes contre ceux qui pensent que la liberté nous est donnée », dit aussi Steve McQueen. On attend maintenant un grand film sur les luttes et révoltes des esclaves noirs. À quand par exemple une adaptation de Nat Turner (2) ?

Gérard Delteil

1 – Interview au Guardian du 3 janvier 2014
2 – Nat Turner dirigea une révolte en Virginie et fut pendu en 1831. William Styron lui a consacré son roman les Confessions de Nat Turner, Folio, 1982, 10 euros.


« Ce sont l’Angleterre et la France qui donnèrent au commerce triangulaire sa dimension colossale »

Entretien. Historien, Gilbert Pago est un des dirigeants du Groupe révolution socialiste (GRS), organisation martiniquaise membre de la IVe Internationale. Auteur de plusieurs ouvrages sur la question de l’esclavage, nous revenons avec lui sur la place et le rôle de ce « commerce humain ».

Peux-tu situer « la traite négrière » dans le cadre historique du développement capitaliste ?
L’occident chrétien est en croissance économique au XVe siècle. Il maîtrise de mieux en mieux, en matière d’artisanat, d’outillage, d’armement et de navigation, les techniques des  civilisations du sud de l’Europe (Arabes et Moyen-Orient) et leurs savoirs scientifiques avancés. Il multiplie cependant d’autres grandes découvertes qui lui permettent de partir à la découverte-conquête du monde.
Fin XVe et début XVIe siècle, les marchands sont les premiers à se mettre en course : il s’agit d’« obtenir » (voire de s’emparer) les produits rares en tissus, en parfums, en produits alimentaires tropicaux, en colorants industriels, en pierres précieuses, en métaux (or, argent) etc. Ces mercantiles en recherche de « profits » recrutent des aventuriers, des soldats mercenaires, des soudards et des vagabonds qui sont des « gens sans aveu » parfois fuyant une condamnation. Vient bien entendu comme prétexte l’appui du prêtre qui ira baptiser les âmes païennes ! Ces chercheurs d’or, d’aventures et de nouvelle vie, ne sont pas les meilleurs représentants pour la coopération entre les peuples. La violence bestiale, les vols généralisés, les pillages renouvelés, les viols multiples dont on se vante et pour lesquels on est acclamé sont une large partie de ce « choc des civilisations ».
C’est alors que l’Occident chrétien, qui avait tout de même réduit en ses propres terres l’esclavage (sauf dans sa partie méridionale qui gardait l’esclavage domestique) et le servage, mit en servitude les populations amérindiennes, entraînant une chute brutale démographique. Ce massacre gigantesque eut pour conséquence, parmi d’autres, de « gêner » l’exploitation des richesses du « Nouveau Monde ». Il fallut, dans la deuxième décennie du XVIe, se rabattre sur la traite des esclaves noirs, en mettant à profit les pratiques existant en Afrique, de guerres tribales et de mises en esclavage des villages vaincus. 
Si l’Espagne et le Portugal au XVIe siècle, suivis ensuite des Provinces Unies de Hollande (fin du même siècle) ont généralisé le trafic d’esclaves noirs, ce sont l’Angleterre et la France qui dès le XVIIe et au XVIIIe siècle donnèrent au commerce triangulaire sa dimension colossale : l’Europe occidentale et ses ports anglais, hollandais, français, espagnols, portugais avec la « pacotille », la côte occidentale de l’Afrique Noire avec ses lieux de détention des esclaves préparant la traversée de l’Atlantique (the middle passage), puis en Amérique, les Isles des Antilles, les colonies anglaises d’Amérique du Nord, le sud de l’Amérique, tous lieux de vente des esclaves.
C’est alors l’enrichissement des ports européens, l’accumulation de capital par vente de produits tropicaux rares, le développement des flottes commerciales mais aussi guerrières. Ce sont de nouvelles habitudes qui naissent : la pomme de terre, la tomate, le café et l’ouverture de salons de thé et de café, le sucre de canne, le tabac d’où la cigarette et la pipe, la généralisation du coton, etc.

Peux-tu nous présenter la place qu’ont occupée l’Amérique et les Caraïbes ?
On ne parle pas encore d’États-Unis d’Amérique mais des 13 colonies anglaises de l’Amérique du Nord. Il est important d’en parler car la colonisation crée son contre-poison : la décolonisation. C’est au nom de la liberté et contre l’« exclusif » colonial anglais que les colons américains des 13 territoires se soulèvent en 1773 avec la « Tea Party » de Boston et l’acte d’indépendance du 4 juillet 1776, préfigurant la Révolution française qui vient 13 ans plus tard. Ces actes de révolte des colons contre les autorités royales résidant en Europe sont nombreux dans toutes les colonies, qu’elles soient anglaises, françaises ou espagnoles. Ce fut en Martinique le fameux Gaoulé de 1715 ou les « révoltes blanches » à Saint-Domingue (la future Haïti). Ces colons farouchement attachés à leurs gains financiers n’acceptent pas que l’essentiel des richesses partent pour les caisses de leurs rois et de leurs « associés » financeurs. 

Bien entendu, ils sont férocement esclavagistes et participent au commerce triangulaire, mais ils en réclament une autre part dans la répartition. Les colonies anglaises de l’Amérique du Nord dans les régions du sud cultivent avec les noirs esclaves, le tabac (comme en Virginie), le coton (comme en Alabama) ou le sucre. Après l’indépendance des 13 colonies, les ex-colonies du Sud maintiennent un esclavage absolu qui ne tint compte ni de l’abolition de la traite, ni des abolitions anglaises de 1833-1838, ni des abolitions françaises et danoises de 1848. Dans le sud des États-Unis, l’esclavage demeura jusqu’à la guerre de Sécession en 1865. L’esclavage avait duré sur ces terres du XVIIe au XIXe siècle, soit environ 250 ans.
Le Brésil dont on parle peu a été la colonie qui a connu la plus forte concentration d’esclaves sur la plus longue période, et cela a duré du XVIe siècle à 1888, près de 380 ans.
Les Caraïbes avec la France ont été une importante région du trafic négrier. La future Haïti de 1659 à 1793, suivie d’une guerre se terminant en 1804, a connu 144 ans d’esclavage. La Guadeloupe et la Martinique ont vu fleurir un esclavage sur 213 ans de 1635 à 1848, avec pour la Guadeloupe, le court intermède de 1794 à 1802.

Pourquoi et comment la fin de l’esclavage dans les Caraïbes et en Amérique ?
Dans la Caraïbe, la Révolution française a eu un impact considérable sur une population qui n’avait jamais cessé de se révolter. La France avait colonisé une partie de Saint-Domingue (la future Haïti), une partie de Saint-Martin, la Guadeloupe, la Dominique, la Martinique, Sainte Lucie, Saint-Vincent, Grenade, Tobago et en Amérique du Sud la Guyane dite française. Certains de ces territoires n’étaient plus français par suite des conflits avec les Anglais, mais les États généraux en France se transformant en Assemblée nationale constituante et surtout l’article 1 des « Droits de l’Homme et du Citoyen » (les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits) soulevèrent les esclaves. 
En 1793, les esclaves obtiennent leur libération à Saint-Domingue (la future Haïti). Après l’indépendance en 1804, l’esclavage est aboli dans la partie espagnole de Saint-Domingue qui va aider Bolivar dans sa lutte pour l’indépendance du Venezuela, de la Colombie et Panama, du Pérou, de la Bolivie. Cette aide se fait en obtenant l’engagement d’abolir l’esclavage. 
En Guadeloupe, il y eut l’application de l’abolition de l’esclavage par la Convention en 1794 (16 pluviose an II). À Sainte-Lucie, contre les colons anglais et dans l’admiration de la révolution française, il y eut la forte révolte de la « Guerre des bandits » que la soldatesque anglaise massacra. Ce fut le même processus en Dominique dans la « Guerre des bois », à Grenade avec Julien Fédon, et aussi à Saint-Vincent, où les guerriers Garifunas (Caraïbes Noirs) de Joseph Chatoyer ont été massacrés et les survivants déportés dans les mangroves d’Amérique centrale à Bélize. Mais partout dans ces territoires les révoltes ne cessèrent, comme en Martinique.
Le XIXe siècle fut celui de la libération des esclaves, et ce combat aux USA se mène dans cette lignée surtout quand d’importantes victoires avaient été obtenues dans le monde américain.

Le film 12 years a slave s’appuie sur le récit d’un esclave. Y a-t-il aussi eu dans les Caraïbes des récits d’esclaves ? Que nous apprennent-ils ?
Oui, il existe des récits d’esclaves mais ils sont rares, car les esclaves, employés dans les champs, dans leur presque totalité ne savaient pas lire et écrire. Parmi ceux qui étaient dans la domesticité, il y en eut quelques-uns à qui l’on apprit à lire et à écrire pour aider la maisonnée du maître, mais celles et ceux qui écrivaient n’avaient pas dans les sociétés esclavagistes la possibilité de publier. Enfin, parmi les textes connus, un grand nombre viennent de la période ultime de l’esclavage, c’est-à-dire au XIXe siècle, lorsqu’il y avait déjà des pays ayant proclamé l’abolition, que les philanthropes se sont mobilisés et ont aidé des Noirs devenus libres.
Dans les Caraïbes anglophones, il existe le récit de Mary Price, autour des années 1820. On connaît aussi le livre écrit par un ancien esclave à Cuba, à la fin du XIXe siècle. On a sur les siècles précédents, le XVIIIe siècle par exemple, en Jamaïque des notes brèves d’anciennes esclaves libérées. Dans une grande ferveur chrétienne, tous ces textes parlent des souffrances quotidiennes.

Propos recueillis par Manu Bichindaritz


Quelques éléments bibliographiques

12 ans d'esclavage, le livre qui a inspiré le film.

Par Renée Ravoteur

Aujourd’hui encore, l’histoire de l’esclavage et des luttes d’émancipation est peu enseignée, donc peu connue, dans les anciennes métropoles mais aussi sur les continents africain et américain. Pourtant, des historiens ont travaillé et travaillent encore à la recherche et à la publication d’ouvrages sur le sujet. Ceux-ci nous permettent d’aborder la question dans sa complexité : traite négrière et commerce triangulaire, l’esclavage dans les différents pays où il était pratiqué, les résistances à l’esclavage et particulièrement la Révolution haïtienne, les abolitions...

Ouvrages généraux
- Atlas des esclavages. De l’Antiquité à nos jours, Marcel Dorigny et Bernard Gainot, Éditions Autrement, 2013, 19,90 euros.
Dans la majeure partie de l’ouvrage les auteurs étudient les « traites légales » du XVIe au XIXe siècle, les sociétés esclavagistes, les résistances, tant dans les colonies que dans les métropoles et enfin les abolitions.
- Capitalisme et esclavage, Éric Williams, Présence africaine, 1998, 21 euros.
Une étude économique du rôle joué par l’esclavage et la traite des Noirs dans la constitution du capital qui a financé la révolution industrielle, et de celui du capitalisme industriel dans son abolition en 1833.
- Esclavage, résistances et abolitions, sous la direction de Marcel Dorigny, éditions CTHS, 1999.
Panorama de l’histoire des sociétés esclavagistes, perception métropolitaine des réalités coloniales, essor du mouvement anti-esclavagiste...

La France
- La France et ses esclaves. De la colonisation aux abolitions (1620 – 1848), Frédéric Régent, Hachette, 2012, 9 euros.
Pourquoi les Français ont-ils été amenés à devenir des esclavagistes ? Pourquoi ont-ils choisi de recourir à la traite négrière ? Comment les notions de Blancs et de Noirs ont-elles été inventées ? Quel bénéfice la France tire-t-elle de l’économie esclavagiste ? Quelles sont les limites à l’exploitation des esclaves ? Pourquoi la France rétablit-elle l’esclavage après l’avoir aboli ? Quel rôle jouent respectivement les esclaves et les abolitionnistes dans le processus d’émancipation ?
- La traite des nègres sous l’Ancien Régime, Liliane et Patricia Crété, Perrin, 1989.
L’histoire de la traite des Noirs et du commerce triangulaire et la responsabilité de tous les acteurs : l’État français, les marchands négriers et la grande bourgeoisie, les chefs et rois africains qui concluaient avec les puissances européennes des traités en bonne et due forme.

Les États-Unis
- Histoire de l’esclavage aux État-Unis, Claude Folhen, Perrin, 2007, 8,50 euros.
L’esclavage a été aboli en 1865, 78 ans après l’adoption en 1787 de la Constitution démocratique et 30 ans après l’Angleterre. Pourquoi a-t-il perduré si longtemps ? Pourquoi a-t-il été instauré un régime d’apartheid après l’abolition de l’esclavage, alors que dans le même temps les États-Unis assimilaient des millions d’immigrants ?

Le Brésil
- L’esclavage au Brésil, Mario Maestri, Karthala, 1991.
Premier pays à avoir instauré l’esclavage des Amérindiens dès le XVIe siècle et dernier à avoir aboli celui des « nègres » en 1888… Maestri rejette la thèse d’un système esclavagiste paternaliste et bienveillant dans lequel l’esclave aurait vécu sous la protection de lois équitables et met en relief les souffrances, les luttes et les résistances des esclaves.

Saint-Domingue, Haïti
- Les Jacobins noirs. Toussaint Louverture et la révolution de Saint-Domingue, C.L.R. James, 2008.
Au regard de la situation d’extrême pauvreté et d’abandon dans laquelle se trouve Haïti aujourd’hui, on a du mal à imaginer l’importance considérable qu’Haïti – qui s’appelait alors Saint-Domingue – revêtait dans l’économie française. La révolution de 1804 a aboutit à la création de l’État d’Haïti .Pour la première fois, une révolte d’esclaves triomphait et établissait le premier État de noirs libres.

La Martinique
- 1848 : Chronique d’une abolition, Gilbert Pago, Desnel, 2006.
Le récit des soixante-douze jours qui ébranlèrent la Martinique et qui aboutirent au triomphe de la Révolution anti-esclavagiste le 22 mai 1848.

Le rôle des femmes
- Les femmes et la liquidation du système esclavagiste à la Martinique 1848-1852, Gilbert Pago, Ibis rouge, 1998, 19 euros.
- Lumina Sophie dite Surprise 1848-1879, insurgée et bagnarde, Gilbert Pago, Ibis rouge, 2008, 15 euros.
Dans ces deux ouvrages, Gilbert Pago aborde la place majeure des femmes dans la lutte contre l’esclavage et dans les années qui ont suivi son abolition.

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