12 avril, 1er mai et après : amplifier la mobilisation unitaire

Réunies pour tirer un premier bilan de la marche du 12 avril, toutes les organisations partie prenante ont salué le succès de la manifestation. Les mobilisations syndicales et anti-austéritaires prévues dans les prochaines semaines, à commencer par le 1er Mai, doivent être des relais pour amplifier la mobilisation.

Si le principal ressort de la mobilisation a été le refus de la politique du gouvernement, de la montée de l’extrême droite, puis la nomination de Valls à Matignon traduisant une fuite en avant dans la volonté d’amplifier l’austérité, le caractère inédit du cadre unitaire, associant syndicats, associations, partis et personnalités, fut pour beaucoup dans ce succès. Toutes les organisations partie prenante ont donc considéré nécessaire de poursuivre ensemble, en insistant sur l’obligation de construire un mouvement s’appuyant sur la diversité des forces et personnalités impliquées et donc respectant la place de chacun.
Restent à trouver les formes exactes que pourraient prendre ce processus en partant d’un constat : celui du besoin d’articuler moments d’élaboration de propositions alternatives, contre l’austérité et les politiques discriminatoires, et moments d’actions ancrées dans les localités et visibles nationalement, pour s’opposer concrètement au rouleau compresseur libéral et travailler à la convergence des luttes.

La gauche sociale et politique contre le « pacte d’austérité »
Pour cela, il s’agit d’éviter plusieurs écueils. La proximité des élections européennes en est un. Le Front de gauche et le NPA seront présents, chacun de leur côté, dans ces élections. Les forces syndicales et associatives peuvent craindre d’être instrumentalisées. Il est donc de la responsabilité des partis de donner des garanties – ce que fait bien volontiers le NPA – qu’ils ne chercheront pas à s’approprier le succès du 12 et l’implication du mouvement social. Mais cela ne doit pas empêcher la poursuite d’actions communes pendant cette période, au risque de geler la construction d’un mouvement que les attaques gouvernementales et patronales rendent indispensables.
Autre écueil évidemment, celui de considérer que les initiatives portées par les syndicats relèvent du seul champ syndical. À cet égard, le 1er Mai, journée internationale de lutte des travailleurs et des travailleuses, ne saurait être le domaine réservé des syndicats. La présence des partis comme les références assumées aux objectifs portés par la marche du 12 avril seront un des éléments du succès de cette journée symbolique. De la même manière, l’investissement dans le soutien pratique aux mobilisations dans les entreprises, à commencer par la fonction publique le 15 mai contre la baisse du pouvoir d’achat après le blocage du point d’indice, contribuera à faire monter le niveau de mobilisation nécessaire pour faire reculer ce gouvernement.
En région parisienne, pour le 1er Mai, FO appelle à manifester aux côtés de la CGT, de la FSU et de Solidaires pour la première fois depuis 2002. La CFDT et l’UNSA se rassembleront de leurs côtés... Cela traduit sans aucun doute une profonde aspiration à l’unité pour combattre le Pacte de responsabilité et la casse de la Sécurité sociale. Une unité de la gauche sociale et politique qui doit se construire pour refuser le dialogue social et s’opposer dans la rue au pacte PS-Medef.

Côme Pierron

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