École et entreprises : Hollande à l’école du vice

Lors de son discours de clôture des « assises de l'entrepreneuriat » le lundi 29 avril, François Hollande a donné ses nouvelles ambitions pour l’école. Il déclarait prévoir « de la sixième à la terminale, un programme sur l'entrepreneuriat. » Cet enseignement est censé répondre aux problèmes d’orientation des jeunes, à leur méconnaissance du monde de l’entreprise…
Le problème est juste : l’école ignore totalement le monde du travail, à l’exception d’un stage en entreprise en troisième et des filières professionnelles. Il faudrait rendre obligatoire des enseignements sur le droit du travail, l’histoire du mouvement ouvrier et du syndicalisme. Les stages en entreprises devraient tous être rémunérés (à salaire égal). 
Au lieu de cela, Hollande prétend « qu’il ne peut y avoir d’entreprise sans chef d’entreprise ». Les expériences des coopératives, de la nationalisation, du contrôle ouvrier, des LIP sont donc jetées à la poubelle.

Nouvelles valeurs de l’école
On y enseignera donc sans doute qu’il faut mentir, voler et tricher dans l’intérêt du patron.
– Mentir, comme les patrons de PSA ou de Mittal, pour justifier les fermetures d’entreprises.
– Voler, comme le rapportait le syndicat Solidaires Finances publiques le 22 janvier dernier, à propos de la fraude fiscale qui représenterait entre 60 à 80 milliards d’euros.
– Tricher, comme le constatait le ministère du Travail dans un rapport récent1. Plus des trois-quarts des chefs d’entreprises inspectés ont commis au moins une infraction à la loi (78 % en 2011, 77 % en 2010, 73 % en 2009, 80 % en 2008).
On est donc bien loin de ce que les enseignantEs ont envie de transmettre. Voici donc l’autre face de la morale laïque de Peillon : le vice patronal d’Hollande !

Raphaël Greggan
1. Rapport de 2011 de l’inspection du travail : http://travail-emploi.gouv.fr

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