Procès de la voiture brûlée : de scandaleuses condamnations politiques

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Deux relaxes et sept condamnations à des peines allant de un an de prison avec sursis à sept ans de prison ferme : le verdict est tombé dans le procès de la voiture brûlée par des manifestants le 18 mai 2016 sur le quai de Valmy, au cours de la mobilisation contre la loi travail. 

Ces condamnations d’une extrême gravité sont un message envoyé à toutes celles et tous ceux qui se mobilisent aujourd’hui contre la politique du gouvernement et qui refusent de courber l’échine face à la répression policière.

Ce verdict est en effet un verdict politique, au terme d’une enquête et d’un procès qui ont été une véritable parodie de justice : pour plusieurs des inculpés les condamnations ont été prononcées, selon l’aveu du procureur lui-même, sur de simples «  faisceaux d’indices  » construits, à partir d’images vidéo, sur la logique du soupçon préalable ; la seule «  preuve  » est un témoignage « anonyme  » qui s’est révélé être, au cours de l’instruction, celui d’un agent des renseignements  ! 

Quelle justice lorsque les coupables sont désignés à l’avance et qu’on les condamne car rien n’a pu prouver que ce n’était pas eux ? Quelle justice lorsque des militants sont condamnés à des peines de prison sans preuve alors que des policiers coupables de violences graves, voire d’homicides, bénéficient d’une totale impunité ? Qui seront les prochaines victimes de cette justice d’exception ?

Le NPA s’insurge contre ces condamnations politiques, et apporte son soutien aux condamnés et à leurs proches. Plus généralement, nous ne pouvons que nous inquiéter d’un dangereux climat répressif, renforcé par l’inscription des dispositifs de l’état d’urgence dans le droit commun. Une riposte d’ampleur de la gauche sociale et politique est nécessaire, et le NPA sera présent dès ce mercredi soir au rassemblement de protestation organisé à 19h30 à Ménilmontant. 

Montreuil, le 11 octobre 2017