Mort de Rémi Fraisse : la justice tente de maquiller un crime d’État

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Le 8 janvier 2018, les juges d’instruction de Toulouse ont rendu une ordonnance de non-lieu concernant le gendarme responsable de la mort de Rémi Fraisse, le 26 octobre 2014, en marge d’une manifestation contre le barrage de Sivens. Rémi Fraisse faisait partie des opposantEs à ce grand projet inutile, nuisible et imposé, contre lequel la mobilisation était alors en expansion. Loin d’être accidentelle, la mort du jeune homme a été la conséquence d’une stratégie de tension et de violence mise en place par l’État, alors déterminé à briser par la force la mobilisation. 

Ce non-lieu est doublement scandaleux. D’une part, il reprend à son compte la théorie du « responsable, mais pas coupable », considérant que l’auteur du tir de grenade n’a rien à se reprocher et qu’il a agi, comme ses collègues, de manière « proportionnée ». On n’ose imaginer ce qu’aurait été une intervention « disproportionnée »... D’autre part, ce jugement exonère de fait les pouvoirs publics, notamment le ministère de l’Intérieur, de toute responsabililé, alors que c’est bien en raison de décisions prises au sommet de l’État qu’un jeune de 21 ans est mort ce jour-là. 

Alors que Collomb menace d’évacuer la ZAD de Notre-Dame-des-Landes « par la force », une telle décision, véritable blanc-seing accordé aux forces de répression, est particulièrement préoccupante. Elle démontre, une fois de plus, que lorsqu’il s’agit de garantir l’impunité des crimes commis par des policiers et des gendarmes, la justice répond toujours présent, elle qui est si pointilleuse pour punir les pauvres, les jeunes des quartiers, les militantEs. Le NPA condamne cette décision, et assure la famille et les proches de Rémi Fraisse de tout son soutien.   

Montreuil, le 10 janvier 2018

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