Loi antimanifs : le glissement autoritaire du pouvoir se poursuit

Ce mardi, par 387 voix contre 92 et 74 abstentions, l’Assemblée s’est prononcée en faveur de la loi antimanifs, frauduleusement présentée comme une « loi anticasseurs » par un gouvernement qui confirme, alors qu’il est incapable de faire taire la contestation sociale malgré une politique violemment répressive, sa détermination à restreindre les droits et libertés démocratiques.

Qualifiée de « loi de la peur » par l’avocat François Sureau et de « loi générale contre l’exercice d’une liberté publique » par le Syndicat des avocats de France, dénoncée par les associations de défense des droits démocratiques, critiquée jusque dans les rangs de la majorité LREM et par certains syndicats policiers comme l’Unsa Police, qui affirme qu’elle « bafoue de façon arbitraire la liberté fondamentale de manifester », cette loi antimanifs est une étape supplémentaire du glissement autoritaire de la Macronie, après la normalisation de l’état d’urgence et la carte blanche donnée aux forces de répression face au mouvement des Gilets jaunes.

Les flics gazent, tabassent, blessent, mutilent… mais c’est contre les manifestantEs, ces dangereux individus refusant de baisser les yeux et de rentrer sagement chez eux, qu’il faut sévir !

Interdictions de manifester, interpellations préventives, fichage des indésirables : il s’agit une fois de plus de normaliser des dispositifs supposément exceptionnels – et déjà liberticides – afin de pouvoir les appliquer à n’importe quel manifestantE – réel ou supposé… 

Répressions policière et judiciaire forment un tout qui constitue l’un des piliers essentiels de la Macronie bousculée par la contestation sociale. La lutte contre le dangereux glissement autoritaire en cours, illustré hier encore par la tentative de perquisitions dans les locaux de Mediapart, est l’une des urgences de l’heure : un combat que le NPA entend continuer à mener et à étendre, au côté du mouvement des Gilets jaunes et de l’ensemble des forces qui refusent de céder face à la brutalité du pouvoir. 

Montreuil, le 5 février 2019

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