La main dans le sac suisse !

Le journal Le Monde a publié des informations liées à une gigantesque opération d’évasion fiscale concernant plus de 100.000 clients, et représentant une somme de 180 milliards de dollars. Parmi eux, plus de 3000 clients français. Le système était bien rodé : la filiale genevoise de HSBC ouvrait des comptes sans se préoccuper de l’origine des fonds apportés. Puis elle proposait à ses clients une sécurité supplémentaire par rapport à la fiscalité : la mise à l’abri des fonds dans des sociétés domiciliées dans des paradis fiscaux encore plus discrets que la Suisse, comme le Panama ou les îles Vierge. Parmi les personnes concernées en France et citées par Le Monde,  des patrons d’entreprises comme Tati ou les parfums Nina Ricci, des artistes, des sportifs, etc. Il faut y ajouter au niveau international des trafiquants d’armes et de drogues, des financiers, le roi du Maroc, des princes saoudiens, etc.

Les données publiées par Le Monde ne constituent que la face émergée de l’iceberg. En France, une commission d'enquête du Sénat sur l'évasion fiscale avait estimé en juillet 2012 son coût pour les finances publiques entre 30 et 60 milliards d'euros par an tandis que pour le syndicat Solidaire-Finances Publiques,  la fraude plombe les caisses de l'Etat à hauteur de 60 à 80 milliards d'euros chaque année.

Cette nouvelle affaire vient trois mois après le Luxembourleaks qui concernait des entreprises… En 2013, la banque HSBC n’avait écopé que d’une amende pour des faits prouvés de blanchiment d’argents de narcotrafiquants et de liens avec des organismes susceptibles de financer le terrorisme. Une sénatrice américaine s’était alors énervée : « Combien de milliards de dollars faut-il blanchir …. pour qu’on envisage, enfin, de fermer une banque comme celle-ci ?». Bonne question en apparence, mais qui oublie que le problème n’est pas une banque particulière mais bien plus celui de tout le système bancaire et la finance en général. Quand la bourgeoisie s’organise pour préserver sa richesse, en se moquant totalement des lois, il n’y a pas d’autre solution que de prendre le contrôle du système bancaire par l’expropriation pour imposer la transparence totale des comptes et la socialisation de l’activité bancaire.

Montreuil, le 10 février 2015

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