Disparition de Jean-Luc Einaudi

Ironie de l’Histoire, qu’il aimait tant, c’est un 22 mars, journée de mobilisation internationale contre le racisme et le fascisme, et pleine de symbole pour toute une génération de militantEs issusEs de Mai 68, que Jean Luc Einaudi, notre ami, notre camarade, vient de tirer sa révérence. Son décès est une perte immense, elle affecte les internationalistes, les anticolonialistes et les antifascistes que nous sommes. Militant du Parti Communiste Marxiste Léniniste de France (PCMLF) et rédacteur à l’Humanité Rouge, au début des années 70, il n’abandonnera jamais le combat politique après la dissolution de son organisation. Fidèle compagnon de route du réseau Ras l’front, il était toujours disponible pour parler à un meeting, participer à une manifestation, rédiger une brochure...ou distribuer un tract. Educateur à la Protection Judiciaire de la Jeunesse, militant pédagogique actif contre les politiques sécuritaires, il était profondément engagé auprès des jeunes en difficulté à qui il consacra un livre : « Les mineurs délinquants ».  Mais c’est le rôle essentiel de passeur de mémoire, de chercheur opiniâtre de la vérité historique qu’il a joué, pour lequel tout le mouvement révolutionnaire lui doit une reconnaissance absolue. Avec modestie, il ne  revendiquait pas le titre d’historien qu’il était pourtant devenu pour « servir la cause ». Profondément indigné par l’amnésie générale qui frappait la société française sur ses crimes commis pendant sa guerre coloniale contre le peuple algérien, il n’hésitait pas à se lancer, avec une poignée d’amis, malgré l’hostilité du pouvoir, et des partis institutionnels, dans un travail de recherches difficiles, qui aboutiront à la publication de « la bataille de Paris », enquête minutieuse sur le crime d’Etat commis le 17 octobre 1961 à Paris contre la communauté algérienne. Le livre fit scandale et le préfet Maurice Papon tenta de le faire interdire. Dans une autre de ses œuvres : « pour l’exemple Fernand Yveton » Il relate la vie de ce militant du Parti Communiste Algérien, condamné à mort pour des faits de résistance aux côtés du FLN, et qui sera guillotiné le 11 février 1957, après le refus de recours en grâce déposé par ses avocats par le ministre de la justice de l’époque...François Mitterrand.
Le NPA présente ses condoléances militantes à sa famille, à ses amiEs et camarades.

Salut Jean Luc...Nous continuerons ton combat !

 

Montreuil, le 24 mars 2014

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