Air France : la justice de classe a encore frappé

En octobre 2015, deux dirigeants d’Air France avaient fui, humiliés par les milliers de salarié-e-s venu-e-s manifester contre le plan « Perform », 2900 emplois supprimés, après avoir déjà subi en 2012 le plan d’attaques sociales précédent, Transform.

Les salarié-e-s avaient envahi le CE et deux cadres d’Air France avaient préféré s’enfuir plutôt que répondre aux protestations des salarié-e-s venu-e-s de tous les secteurs de la Compagnie, à l’appel d’une large intersyndicale. Toutes les télés du monde ont relayé ces images, images de la colère ouvrière contre la violence patronale, image de patrons perdant de leur arrogance face à la détermination des salariés.

La Direction d’Air France et le gouvernement Hollande –Valls avaient tenu à faire payer au prix fort cette détermination. Air France licencia pour l’exemple 4 salariés, en choisissant des salariés du Fret Cargo, syndiqués CGT. Aucune preuve, seulement les images télé sans valeur.

Le Tribunal correctionnel de Bobigny avait suivi la direction d’Air France en novembre 2016 en condamnant 3 des licenciés à 3 et 4 mois de prison avec sursis et 8 autre salariés à 500 euros pour être entrés dans les bâtiments d’Air France comme 3000 de leurs collègues.

La Cour d’Appel vient de confirmer le 23 mai ces condamnations, les aggravant même en condamnant aussi à de la prison avec sursis le 4ème salarié licencié, acquitté en première instance.

Cette une justice de classe qui vient encore de frapper. D’autant plus qu’après l’humiliation de la chemise, le Pdg nommé depuis, Janaillac a du sortir par la petite porte, avec les huées de plus de 20000 salarié-e-s d’Air France qui lui ont indiqué le chemin de la sortie.

La vraie violence à Air France, la violence quotidienne, c’est 0% d’augmentation depuis 6 ans, pour toutes la catégories de personnel, la perte de10000 emplois de 2010 à 2016, et une chute de 600 millions de masse salariale , 11,5% entre 2010 et 2016...Pendant cette même période, l’activité aérienne a progressé de 8%, et la rémunération des 13 dirigeants du Groupe a augmenté de 29% (507692 euros en moyenne)….et Janaillac qui refusait le rattrapage de 6% pour les pertes de salaire part avec 1.1 million de salaire pour 2017.

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