Françafrique

La mort de 13 soldats français au Mali, le 25 novembre dernier, a rappelé à celles et ceux qui l’auraient oublié que, même si les autorités communiquent peu à ce propos, l’armée française est toujours présente dans plusieurs pays africains, au nom de la « lutte antiterroriste ».

Business et sécurité sont peut-être les deux mots qui peuvent le mieux résumer le voyage de François Hollande en Afrique qui s’est déroulé la semaine dernière.
Les chauds partisans de l’interventionnisme militaire français en Afrique qui sévissaient dans nos médias se font désormais bien plus discrets. On les comprend au vue de la situation qui règne tant au Mali qu’en Centrafrique.
Le 7 avril 1994 débutait au Rwanda le génocide des Tutsi, organisé méthodiquement par des extrémistes hutus issus du cœur du régime, et qui allait faire plus d’un million de morts en trois mois. L’armée française était sur place, soutien de ce régime jusqu’au bout.
Les arguments « démocratiques » et « humanitaires » ne tiennent pas. La grave crise que traverse la Républicaine centrafricaine n’est qu’une nouvelle conséquence de la domination coloniale puis néocoloniale.
Très tôt, les dirigeants politiques français ont laissé échapper que le véritable sens de l’intervention en Centrafrique était la défense, essentielle en cette période de crise mondiale, des intérêts économiques de la France sur le continent africain.
Et la « gauche de la gauche », comment réagit-elle ? Ses prises de position face à l’intervention française en Centrafrique ne sont pas sans poser question.
Sans surprise et dans un consensus politique, l’Assemblée nationale vient de donner son aval à la continuité de l’opération Sangaris en Centrafrique. Mais dans le même temps, les critiques de cette opération se font de plus en plus entendre.
L'Assemblée Nationale et le Sénat ont voté la prolongation de la guerre en Centrafrique, pratiquement à l'unanimité (428 pour, 14 contre à l'AN, 328 pour, 3 contre au Sénat). La majorité des élus du Front de gauche n’a même pas osé s’opposer à cette intervention militaire.
Centrafrique : Du temps des colonies à la Françafrique

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