droit du travail

Ce gouvernement n’a pas honte quand il ose dire que sa réforme va réduire les écarts de retraite entre les hommes et les femmes. 

En effet, quatre mécanismes principaux de la réforme rendent cela tout simplement impossible :

En prévision de la grève massive du 5 décembre dans les transports, le patronat s’organise et cherche à diviser. Dans bien des entreprises, on fait comprendre aux salariés qu’ils devront travailler quoiqu’il arrive, de chez eux si nécessaire.
La proposition de loi sur le service minimum annoncée par le sénateur LR Bruno Retailleau relève en partie de la gesticulation politique (impossible qu’elle soit votée avant le 5 décembre), mais renvoie à un objectif constant du patronat et des politiciens à leur service : limiter le droit de grè
Après le travail du dimanche, celui de nuit : le lobbying de la grande distribution, toujours à l’affût de marges supplémentaires et confronté à des condamnations judiciaires régulières suite à des plaintes, entre autres, de l’intersyndicale CLIC-P (Comité de liaison intersyndical 
Après le « dépôt de sac » massif contre les trains circulant avec un seul agent à bord, ce sont les cheminotEs des centres de maintenance qui donnent des sueurs froides à la direction et au gouvernement.
Édouard Philippe, Muriel Pénicaud, Jean-Baptiste Djebbari… la semaine dernière, les ministres ont défilé pour monter au créneau contre l’utilisation massive par les cheminotEs de leur droit de retrait et dénoncer une « grève illicite » à grand renfort de mauvais arguments juridique
Le 17 juillet, la Cour de cassation a validé sans réserves le plafonnement des indemnités allouées par les tribunaux aux salariés victimes de licenciement sans cause réelle et sérieuse. 
Le 7 juin dernier, l’Assemblée nationale adoptait le projet de loi initialement intitulé « Liberté de choisir son avenir professionnel », censée doter les travailleurEs des plateformes d’un nouveau cadre social.
Dans un rapport paru le 11 février, la DARES (direction du ministère du Travail chargée des études et de la statistique) a pointé le nombre particulièrement élevé de ruptures conventionnelles conclues en 2018 : 437 700, soit une hausse de 3,9 % par rapport à l’année précédente. 
Nous sommes décidément loin des débuts du quinquennat, quand tout semblait réussir au jeune prodige de l’Élysée et sa frénésie réformatrice.

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