Jean-Claude Delavigne

« Un inconnu à Matignon », c’est souvent en ces termes qu’a été accueillie la nomination de Jean Castex au poste de Premier ministre. Le monde de l’hôpital ne le connait certes pas, mais il connait par contre très bien les effets de son passage au ministère de la santé.

L’ampleur de la mobilisation du 16 juin a traduit l’exaspération des personnels hospitaliers et de leurs soutiens. Le pouvoir a compris qu’il ne pouvait continuer à jouer la montre au « Ségur de la santé ».
Les dizaines de milliards dépensés par l’État à l’occasion de la crise du coronavirus ne seront pas financés par une hausse des impôts.
Le « Ségur » de la santé, qui s’est ouvert le 25 mai, est l’occasion de discuter de tout… sauf des revendications des personnels hospitaliers.
Tandis que le « Ségur de la santé » tourne à la mascarade, le parlement vient d’adopter en première lecture le don de congés annuels aux hospitaliers. Les deux faces du « jour d’après » préparé par Macron et les siens.
Les trois mois que nous venons de traverser ont été un révélateur exceptionnel de l’état du système de santé aux yeux de l’ensemble de la société. Ils en ont montré les forces et les faiblesses.
Même Jupiter peut se tromper. Il peut même lui arriver de le reconnaître. Lors d’une nouvelle visite surprise à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, le 15 mai, Macron a admis avoir « sans doute fait une erreur dans la stratégie annoncée il y a deux ans » pour l’hôpital.
Confronté à l’épidémie de coronavirus, Macron annonçait au personnel hospitalier, le 25 mars, une « réponse de court terme » sous forme d’une prime exceptionnelle et « à l’issue de cette crise, un plan massif d’investissements et de revalorisation de l’ensemble des carrières sera constru
À l’hôpital et pour les professionnelEs de santé, sur le « front » du Covid, les dernières semaines ont marqué un répit : moins de malades arrivant aux urgences ; moins de patientEs en réanimation, davantage de sorties, même si les décès restent nombreux.
« L’engagement que je prends ce soir pour eux [les soignants] et pour la nation tout entière c’est qu’à l’issue de cette crise un plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières sera construit pour notre hôpital.

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