Roms : expulsions rime avec sous-vaccination !

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Santé
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À chaque fois qu’un préfet veut expulser un bidonville de Roms, il invoque des risques sanitaires. Mais ce sont au contraire les expulsions sans relogement qui multiplient ces risques sanitaires, en empêchant notamment le suivi vaccinal des nourrissons.

C’est ce que démontre une vaste étude de Médecins du monde (MDM) menée dans 16 terrains occupés par des Roms pendant plusieurs années. L’enquête de MDM révèle des taux de vaccination « extrêmement faibles ». Seulement 8 % des Roms ont un carnet de santé, confirmant que leurs vaccinations sont à jour. « La majorité ne bénéficie pas des vaccins de base les plus courants ».

Si 90 % des adultes ont reçu le DTP, la couverture vaccinale chez les enfants de moins de 2 ans est seulement de 70 %. Elle est de 42 % pour le BCG et de 55 % pour le ROR.

Dix expulsions par an...

Pour remédier à cet état de fait, MDM a lancé des campagnes de vaccination parmi les Roms.

Mais avec en moyenne dix expulsions par an pour un même groupe, les expulsions de campements représentent la principale cause de non-suivi et de non-vaccination des enfants. Cela alors que la vaccination est acceptée à 91 %, et que le risque de contacter la tuberculose, par exemple, y est 83 fois plus important que dans la population totale.

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