Pandémies ou écosocialisme, il va falloir choisir !

Les pandémies ne datent pas d’aujourd’hui. On a cru les éliminer grâce aux avancées scientifiques et sanitaires, et certains voulaient croire que la « grippe espagnole » de 1918-1919 serait la dernière. Non seulement elles font leur retour sous la forme de maladies « émergentes » (grippes…) et font 18,3 millions de morts par an, mais aussi sous la forme de « zoonoses » (transmissions de l’animal à l’humain).

Que nous racontent ces pandémies ?

L’analyse des pandémies (sida, Ebola, SRAS, paludisme, grippe aviaire, Nipah, Covid-19) fait apparaître toujours les mêmes causes : le réchauffement climatique, la baisse de biodiversité, la destruction d’écosystèmes (déforestation…), l’agriculture mondialisée et le commerce international, l’utilisation de la « viande de brousse » et son commerce dans des conditions favorisant les pathogènes des espèces impactées, l’élevage intensif dans de mauvaises conditions d’hygiène, créant des « ponts » génétiques vers Homo sapiens, la concentration de populations humaines dans de mauvaises conditions de vie dans ces zones de « ponts », la mondialisation des échanges humains et commerciaux, le cadre global de l’augmentation de la population humaine (on est passé de quelques centaines de milliers d’individus à sept milliards).

Comme on le voit, c’est bien la façon dont l’espèce humaine habite son environnement qui est en cause et cela nous donne du coup aussi les clés pour agir. Non pour supprimer les maladies et les pathogènes, mais pour en réduire de manière importante les impacts.

Quoi faire ?

Il est contre-productif et erroné d’incriminer la démographie humaine et d’en déduire des logiques néo-malthusiennes consistant à penser que les pandémies « font le ménage ». Contre-productif car c’est justement le développement des instincts sociaux et la capacité d’aide et de soutien aux plus « faibles » qui est à l’origine du succès évolutif d’Homo sapiens. Erroné car tous les démographes prévoient une augmentation vers 9 milliards d’individus, puis une décroissance.
Donc il faut agir sur les autres causes, pour ne pas se retrouver la prochaine fois à sauver les meubles en catastrophe en mettant en place des mesures de « confinement », destructrices des liens sociaux et favorisant la misère de populations entières, qui en retour est un élément ­favorisant… les pandémies !

Ces causes sont justement celles sur lesquelles on peut agir
– Il faut limiter au maximum les risques avec un système économique non destructeur pour les écosystèmes, en laissant de la place à des milieux naturels moins ou non anthropisés (en particulier en protégeant les forêts tropicales et équatoriales) ;
– Il faut mettre fin aux élevages et à l’agriculture intensives. L’alternative est un système agricole plus diversifié et complexe constitué d’une mosaïque de polycultures et élevages locaux ;
– Il faut diminuer de manière drastique les « échanges » inutiles en termes d’intérêt collectif (la mondialisation) ;
– Il faut décarboner l’économie pour stopper le réchauffement climatique.
Si l’on ajoute à cela l’investissement massif dans les systèmes de santé (matériels, personnels, capacités locales de production, capacités de recherche scientifique) conçus comme un service public et non comme le terrain de jeu d’intérêts privés qui se nourrissent sur la misère et les souffrances des populations, on a la réponse nous permettant de vivre le mieux possible avec nos pathogènes.
Pour appliquer ce plan, le système capitaliste n’est pas adapté, même dans les versions vertes qu’il propose déjà. Il est le pire de tous. Les causes des pandémies sont au cœur de ce mode de rapport avec notre environnement. Il faut en changer. Nous avons besoin plus que jamais d’une société écosocialiste.

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