Des paroles et des actes

Le 12 mars, lors de sa première allocution solennelle, la main sur le cœur, Macron l’avait juré : « Il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile au grand jour les faiblesses de nos démocraties. Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite, sans conditions de revenus, de parcours ou de professions, notre État-providence, ne sont pas des coûts ou des charges, mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. »
CertainEs ont dû s’étouffer en entendant de tels propos, venus du président des ultra-riches, adepte de la destruction des services publics et des privatisations à outrance, à la tête d’un exécutif méprisant, depuis un an, le mouvement de révolte des hospitalierEs, et déterminé à détruire le système de protection sociale pour l’offrir aux requins du privé. Mais on n’avait encore (presque) rien vu.
Le 16 mars, Muriel Pénicaud déclarait aux syndicats et au patronat : « Pendant la période actuelle, c’est zéro licenciement ». Le même jour, elle proposait le report du deuxième volet de la réforme de l’assurance chômage, du 1er avril au 1er septembre. Le lendemain, Bruno Le Maire montait à son tour au créneau, affirmant que l’État serait prêt à faire « des nationalisations, si nécessaire ». Ajoutez à cela le report de la privatisation d’ADP, annoncé le 11 mars, et certains ont cru voir le gouvernement amorcer, sous la pression de la crise du coronavirus, le fameux « tournant social » promis par les « macronistes de gauche » depuis plus d’un an.
Ceux-là ont dû rapidement déchanter. Car il y a les discours et les actes. Et le moins que l’on puisse dire est que les décisions prises par le gouvernement n’ont pas grand-chose à voir avec les soudains élans d’apparence progressiste de la macronie…

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