Retraites : Grand enjeu de l’acte II du quinquennat

Les déclarations de Macron et l’entrée de Jean-Paul Delevoye, Haut commissaire à la Réforme des retraites, au gouvernement, ne laissent aucun doute : la contre-réforme des retraites est la « grande affaire » de l’acte II du quinquennat. Inauguré par le laminage du Code du travail, cet Acte II doit se terminer par un « big bang » du système de retraites issu des conquêtes sociales de 1945.

Pour parvenir à ses fins, le pouvoir avait mis en place une mécanique bien huilée. Pendant des mois, Delevoye a fait traîner en longueur un pseudo « dialogue social » avec les confédérations syndicales. Le seul but était l’aménagement, à la marge, de son projet de « retraites par points » dont le principe n’était pas à négocier. L’irruption du mouvement des Gilets jaunes, où la question des retraites a été très présente, a transformé le climat social et contraint le pouvoir à modifier son calendrier. D’abord reporté après les élections européennes de 2019, le vote du projet de loi sur les retraites n’est envisagé maintenant que pour 2020, probablement après les élections municipales.

Fébrilité du pouvoir

Si Macron n’a rien changé à ses objectifs, il prétend changer de méthode avec l’ouverture d’une nouvelle phase de « concertation » avec les syndicats et le retour du « grand débat » ouvrant une « consultation citoyenne » de plusieurs mois. L’instauration d’un « âge pivot » à 64 ans pour une retraite complète est remis en discussion. Tout cela témoigne de flottements et d’une certaine fébrilité du pouvoir qui garde en mémoire les grands mouvements sociaux de 1995, 2003 et 2010. Pour lui la partie est loin d’être gagnée.

L’immense colère sociale et la volonté d’en finir avec « Macron et son monde » subsistent et rendent possible une mobilisation pour le retrait du projet. La défense du droit à la retraite peut, comme par le passé, rassembler salariéEs, jeunes et retraitéEs. Elle peut être le point de convergence entre le mouvement ouvrier (syndicats, partis) et des formes nouvelles de mobilisations et d’organisation, en particulier le mouvement des Gilets jaunes.

Ne pas perdre de temps

Mais pour notre camp social, la partie aussi est loin d’être gagnée. Le mouvement syndical est divisé, CFDT, UNSA, CFTC se sont précipitées sur les « ouvertures » de Macron, alors que l’essentiel des syndicats opposés (CGT, FO, FSU) appellent à des mobilisations dispersées tout en poursuivant le dialogue social.

Le pire serait de tomber dans le piège tendu par l’exécutif : croire qu’il y a du temps. C’est maintenant qu’il faut agir, construire l’unité de toutes celles et ceux qui veulent le retrait du projet. Dans ce but, engageons dès aujourd’hui, dans les villes, les quartiers, les entreprises, la construction de structures unitaires rassemblant celles et ceux prêts à se battre pour le retrait du projet Macron-Delevoye. Le but de ces collectifs sera de mener le débat et de convaincre face à la propagande de l’exécutif, de préparer dans l’unité, la mobilisation, tout en discutant des alternatives à opposer à la contre-réforme. Il n’est pas temps d’attendre !

Dossier coordonné par la commission nationale santé-sécu-social du NPA

 

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