En Haute-Garonne, la convergence gilets jaunes-gilets rouges se construit

Toulouse est un bastion du mouvement des Gilets jaunes. Depuis le début les manifestations du samedi y sont particulièrement fournies, dépassant régulièrement les 10 000 participantEs. Rien d’étonnant dans une ville ancrée à gauche où il existe une tradition de luttes et de radicalité.

Plus que dans d’autres régions, le mouvement des Gilets jaunes a vu dès le départ l'implication de beaucoup de syndicalistes et de militantEs de la gauche radicale, que ce soit sur les ronds-points, les péages, ou dans la construction d’embryons de cadres démocratiques du mouvement.

Ces éléments font que la convergence avec le mouvement syndical combatif, bien qu’ayant nécessité débats et conviction au mois de décembre, s’est faite à des rythmes plus rapides qu’ailleurs. C’est la CGT Santé du CHU qui la première a appelé à la convergence « Blouses blanches avec les Gilets jaunes » dès le samedi 8 décembre, et qui a regroupé environ 400 salariéEs de la santé et des militantEs dans un pré-rassemblement qui a ensuite convergé avec la manifestation des Gilets jaunes. 

L’étape de la grève du 5 février

Cette première tentative de convergence faisait immédiatement suite à la prise de position de la CGT 31, le 7 décembre, contre la signature par la confédération du communiqué intersyndical condamnant les violences des Gilets jaunes. C’était la première Union départementale à prendre position dans ce sens.

À partir du 15 janvier, CGT, FSU et Solidaires ont appelé à toutes les manifestations du samedi. Bien que n’entraînant qu’une minorité militante, ces appels sont essentiels pour exprimer la convergence d’intérêts entre le mouvement ouvrier organisé et les Gilets jaunes, convergence matérialisée par la présence de drapeaux syndicaux dans les manifestations, très bien reçus par les Gilets jaunes. 

Le 10 janvier, une sous-commission « interpellation des directions syndicales » de l’AG des Gilets jaunes, animée par quelques militantEs « autonomes » et d’extrême gauche, a voulu organiser un rassemblement devant la Bourse du travail. La CGT a répondu favorablement et a ouvert les portes de la Bourse pour un débat commun entre Gilets jaunes et syndicalistes. Étaient présentEs en grand nombre des militantEs CGT, FSU, Solidaires et Union des étudiantEs de Toulouse, et près de 300 personnes ont échangé toute la soirée sur comment arriver à construire la grève générale. 

La grève du 5 février a ensuite polarisé toute l’attention. Elle a été préparée à l’aide d’un tract commun Gilets jaunes et syndicats (CGT, FSU, Solidaires) depuis deux semaines. Tract que les équipes syndicales et quelques gilets jaunes se sont attachés à distribuer devant et à l’intérieur des entreprises. L’enjeu est de taille : que cette convergence se traduise dans l’action et dans la grève à une échelle beaucoup plus large !

Correspondant

 

 

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