Non à l’EPR, non au rafistolage des réacteurs. Arrêt du nucléaire

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Le titre de ce dossier, ce sont les mots d’ordre de la manifestation qui se tiendra le 1er octobre à Flamanville dans la Manche. Ce rendez-vous est très important : il doit constituer une première démonstration de force pour exiger à la fois l’abandon pur et simple de l’EPR en construction à Flamanville et la fermeture des centrales, à commencer par Fessenheim.

C’est un choix politique, guidé par la volonté de se doter de l’arme atomique à la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui a fait de la France le pays le plus nucléarisé avec plus de 75 % de sa production électrique assurée par le nucléaire. Les premiers réacteurs ont d’abord été construits pour fournir le plutonium nécessaire à la bombe atomique. Ce choix a aussi dicté une politique de surconsommation et de gaspillage énergétique, par exemple en généralisant le chauffage électrique. Depuis c’est la fuite en avant pour  construire et exporter toujours plus de centrales. Aujourd’hui, le gouvernement français et EDF se félicitent de la décision du gouvernement britannique de construire deux réacteurs EPR à Hinkley Point.

C’est un choix politique, une décision nette et franche qui permettra d’arrêter la folie nucléaire et de répondre aux besoins réels en électricité exclusivement à partir d’énergies renouvelables. Mais cette décision politique, ce ne sont pas les marchandages électoraux qui l’arracheront : seule une mobilisation puissante pourra l’imposer.

Nous savons, surtout depuis Fukushima, que la catastrophe est inscrite dans le choix de cette énergie. En France, avec un EPR plus qu’inquiétant avant même d’être terminé, avec un parc de réacteurs vieillissant, la question n’est pas de savoir si on sortira du nucléaire, mais dans quelles conditions et à quel coût humain et environnemental. Soit cette sortie sera tôt ou tard imposée par un accident dramatique. Soit l’arrêt du nucléaire est décidé et mis en œuvre au plus vite, en développant de manière volontariste les énergies renouvelables et en déployant un vaste programme d’économie d’énergie alliant isolation des bâtiments, interdiction de la publicité, efficacité des appareils électriques, traque systématique de toutes  les pertes et gaspillages... L’entêtement pro-nucléaire du gouvernement français montre l’ampleur du rapport de forces nécessaire pour lui imposer ce second choix, pourtant le seul possible.

Il est urgent que la mobilisation nationale, visible, massive pour sortir du nucléaire occupe réellement le devant de la scène.
Dossier réalisé par le Commission nationale écologie