Marseille : rêve municipal, cauchemar social

«L’incompétence de la mairie de Marseille en matière d’habitat n’est pas une erreur, mais une méthode politique » : cette phrase, tirée d’un tract diffusé par l’assemblée de la Plaine à Marseille, résume en quelques mots le contexte dans lequel s’est produit, le 5 novembre, l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne. Conjonction des événements, celui-ci s’est produit alors qu’une lutte d’ampleur se déroule dans le quartier de la Plaine, contre un projet municipal visant à exclure, sous couvert d’aménagement urbain, les catégories populaires d’un quartier prisé par les promoteurs et autres rapaces de l’immobilier. Marseille est en effet le théâtre d’une véritable lutte de classes dans le domaine de l’habitat, avec une volonté assumée, de la part des autorités municipales, de rendre inaccessibles des parties entières de la ville aux classes populaires, quitte à favoriser leur départ par une politique délibérée de non-rénovation des immeubles vétustes, jusqu’à des tragédies comme celle de la rue d’Aubagne. 

Des réaménagements ont lieu à travers toute la ville et font apparaître ici d’immenses terrasses, là un centre commercial, et demain, au pied de Noailles, un hôtel de luxe. Ils ont souvent comme point commun d’être des échecs, de produire des espaces en surcapacité, dont la plupart des objectifs affichés n’ont pas été réalisés : aux docks, le taux de locaux vides est quasiment de 45 %. L’argent coule à flots dans ces projets sans lien avec la réalité locale, au nom d’une réalité fantasmée par la mairie et les spéculateurs, qui ne rêvent que de quartiers haut de gamme, de touristes, de bateaux de croisière et de grandes enseignes internationales. Le tout sur fond de magouilles politico-mafieuses. 

 

Le précédent de la Capelette

«Ce qui arrive [à la Plaine] me fait beaucoup penser à ce que Marseille Aménagement [l’ancien nom de la Soleam, NDLR] a fait rue de la République en étouffant les commerçants et en les forçant à vendre à vil prix », explique Jean-Pierre Brundu, président de l’Université

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