En stage à l’hôpital

Les étudiantEs infirmierEs en stage à l’hôpital travaillent sur les mêmes postes que les soignantEs, c’est-à-dire 35 h par semaine, payés un peu plus de 2 euros de l’heure pour un travail qui est fréquemment celui d’unE professionnelE en poste. Avec le plaisir de découvrir à la relève de 6 h 30 qu’il manque une aide-soignante et tout le monde se dit qu’« heureusement il y a l’étudiante ». Pas réellement de raison de se plaindre avec « la chance d’être rémunérés, c’est pas le cas ailleurs ». Ils et elles sont là pour apprendre, mais en réalité ils et elles font des postes de 7 h 30 à l’hôpital, avec une demi-heure de pause à intercaler entre les soins... quand c’est possible.

L’étudiant infirmier qui s’avère bien utile
Une année à l’IFSI donne les compétences pour exercer en tant qu’aide-soignantE, facile de combler les manques d’un service. On « ne compte pas dans l’effectif », il n’empêche que d’ordinaire on ne sait pas comment on aurait pu s’en sortir sans nous. Les étudiantEs infirmierEs sont comme les infirmierEs, ils et elles peuvent faire les soins de bien-être et de confort (accompagner les patientEs pour manger, pour se déplacer, pour se laver, pour se vêtir, faire leur lit, nettoyer et ranger leur environnement), mais aussi tous les autres (prises de sang, des surveillances, la distribution des médicaments, la préparation et la pose de ­perfusions, des pansements).
Débordés, les infirmierEs n’ont souvent pas le temps d’encadrer les étudiantEs pour un soin. Parce que pour apprendre à réaliser un nouveau geste il faut du temps qui n’est évidemment pas rémunéré. Les étudiantEs sont envoyés faire ce qu’ils savent faire, toutes les tâches que l’infirmierE et l’aide-soignantE n’ont pas le temps de faire... Pratique et pas cher. L’étudiantE est, de temps à autre, envoyé dans une spécialité qu’il ou elle ne connaît pas, avec davantage de risques de faire des erreurs et de perdre son diplôme, voire tout accès à la profession. Difficile de refuser un remplacement quand le ou la cadre vous attrape entre deux couloirs, on plie vite sous la pression. Les étudiantEs acceptent de faire tout ce qui est demandé parce que c’est l’équipe qui fait leur bilan de stage, qui le validera ou non.

« Répondre à toutes les sonnettes sans poser de question et avec le sourire »
Il existe une règle tacite qu’on apprend assez vite à l’hôpital : l’étudiantE doit répondre aux sonnettes dès qu’un patientE à un problème, une demande, une inquiétude, y compris pendant la pause. Il n’est donc pas rare de terminer un poste sans avoir eu le temps de boire un verre d’eau. Dans certains services, il est « logique » que l’étudiantE réponde systématiquement aux sonnettes. Étudiantes, les infirmières étaient aussi traitées comme ça. Être éduqué à la dure à travailler, puisque de toute façon c’est un milieu où les conditions de travail sont difficiles : cadences, horaires décalés, travail le week-end et les jours fériés, charges lourdes. Être jeune à l’hôpital c’est être inexpérimenté, c’est plus difficile de s’affirmer et de remballer un ou une collègue qui se repose sur nous. C’est aussi ne pas connaître ses quelques droits, ce qui conduit à accepter des jours de congés annuels remplaçant des week-ends et à se rendre compte à la fin de l’année de l’impossibilité d’avoir une semaine de vacances…

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