Remake de la guerre froide ou nouvelles tensions libérales et impérialistes ?

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Le scandale provoqué par l’invitation par Trump du ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov à la Maison Blanche, auquel il aurait délivré des informations secrets d’État, relance les supputations sur les rapports de Trump avec Poutine.... et de Poutine avec son élection...

Services secrets, diplomatie, complotisme, maladresses de Trump, mettent en scène les tensions au sein de l’appareil d’État américain et entre les USA et la Russie. Un retour à la guerre froide nous dit-on.

L’analogie n’éclaire rien, l’histoire ne se répète pas. La guerre froide intervint après que la Seconde Guerre mondiale eut achevé l’œuvre barbare de la première, en tranchant par les armes la question de savoir qui assurerait la domination du capitalisme mondial. Les bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki furent une effrayante démonstration de cette brutale réalité à l’égard du peuple japonais, de l’Union soviétique, alliée jouant sa propre carte, et surtout à l’égard des travailleurs et des peuples opprimés du monde entier.

Du leadership mondial...

Les États-Unis étaient les grands vainqueurs. Leur hégémonie atteignait des records. Ils avaient maintenant les trois quarts des stocks d’or mondiaux, fondaient 55 % de l’acier, produisaient 60 % des biens manufacturés, 70 % du pétrole et presque la moitié des richesses de toute la planète.

Une fois l’alliance nécessaire pour vaincre Hitler et pour préserver l’ordre en Europe dépassées, l’Union soviétique redevint un ennemi. La menace du communisme était bien une réalité pour les classes dominantes. Tout danger révolutionnaire écarté en Europe, la « guerre froide » commença, en 1947-1948, pour maintenir l’URSS sur ces territoires et affronter le soulèvement des peuples coloniaux.

En 1949, la révolution de Mao Zedong soustrait à la domination impérialiste directe la Chine, plus de 500 millions d’habitantEs. C’était la première d’une vague révolutionnaire qui allait briser le joug colonial et impérialiste. L’URSS l’a encouragée de fait, tout en militant pour la ­coexistence pacifique. 

La guerre froide visait à contenir cette influence afin de maîtriser la vague révolutionnaire et préserver la domination des puissances impérialistes occidentales. Elle dura jusque à la fin des années 1980, la chute du mur et l’effondrement de l’URSS, la victoire du monde capitaliste reprenant les territoires perdus après avoir contenu, grâce à la coopération de la bureaucratie stalinienne, la vague révolutionnaire.

Les tensions actuelles dans la péninsule coréenne sont les stigmates de cette période, image de la folie d’un monde où les classes dominantes craignaient un bouleversement révolutionnaire qui les emporte, elles et leurs alliés dits soviétiques.

... au chaos mondialisé

Une nouvelle phase s’ouvre dès la fin des années 1970, celle de l’offensive libérale menée sous la houlette de la première grande puissance mondiale, les USA, et de son alliée, la Grande-Bretagne, la deuxième mondialisation. En réponse à la baisse du taux de profit, les classes capitalistes engagent une offensive qui impose le mode de production capitaliste à toute la planète.

Cette offensive libérale à l’issue des trente glorieuses a débouché sur la fin de l’URSS, l’effondrement de la bureaucratie, qui avait à la fois contribué aux luttes de libération nationale, tout en participant au maintien de l’ordre mondial capitaliste au nom de la défense de ses propres intérêts.

La fin de l’URSS marque une accentuation de l’offensive des classes capitalistes sous la houlette des USA. L’euphorie libérale et impérialiste l’emporte durant les années Bush, le capitalisme triomphe à l’échelle de la planète, mais le mythe de « la fin de l’histoire » ne résistera pas longtemps à la réalité. La première guerre d’Irak ouvre l’offensive contre les peuples pour imposer le libéralisme mondialisé, la stratégie du chaos qui débouche sur un nouvel ordre mondial déstabilisé et de nouvelles guerres.

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