Mobilisations à Hong Kong : chronologie indicative

Décembre 1984. Déclaration sino-britannique de rétrocession de Hong Kong à la Chine, assortie notamment de la promesse du maintien pendant 50 ans des libertés d’expression et d’organisation.

Juin 1989. Un million de Hongkongais manifestent contre la répression à Pékin du « Mouvement de la place Tiananmen ». Depuis, des mobilisations sont organisées chaque année le 4 juin.

1er juillet 1997. Rétrocession de Hong Kong à la République populaire de Chine, assortie notamment de la promesse du maintien pendant 50 ans des libertés d’expression et d’organisation. Depuis 2003, des manifestations ont lieu chaque année à cette date anniversaire.

28 septembre-15 décembre 2014. Connu sous le nom de « mouvement des parapluies », un vaste blocage du centre de Hong Kong a lieu pendant 79 jours. Un des principaux objectifs de ce mouvement est l’obtention de l’élection au suffrage universel des pouvoirs exécutif et législatif de Hong Kong. Aucune concession n’est obtenue. La répression est sévère et des militantEs se retrouvent en prison.

Février 2019. Les autorités de Hong Kong décident de modifier la loi sur l’extradition. Si ce projet était adopté, il permettrait notamment de livrer au pouvoir de Pékin, puis de traîner devant des tribunaux à ses ordres toute personne présente à Hong Kong, quelle que soit sa nationalité. 

28 avril 2019. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ­descendent dans les rues contre le projet de modification de la loi sur l’extradition.

4 juin 2019. Des dizaines de milliers de personnes commémorent à Hong Kong les 30 ans de la sanglante répression de la place Tiananmen.

9 juin 2019. Plus d’un million de personnes, selon les organisateurs, descendent dans la rue pendant sept heures. C’est la plus grande manifestation depuis la rétrocession. La cheffe du gouvernement local, Carrie Lam, réaffirme le lendemain que l’Assemblée législative examinera le texte comme prévu. 

12 juin 2019. Le débat sur le texte est reporté « à une date ultérieure » alors que des manifestantEs paralysent le cœur de la ville. De violents affrontements ont lieu entre la police et des manifestantEs, qui bloquent les grandes artères et tentent de pénétrer dans le Parlement. 

Ces violences, inédites depuis la rétrocession, font 79 blesséEs, dont deux grièvement. Un militant meurt en tombant d’un immeuble où il tentait d’accrocher une banderole. Carrie Lam dénonce des « émeutes organisées ». 

13 juin 2019. Le gouvernement de Pékin « condamne fermement » les mobilisations et « soutient la réaction » des autorités de Hong Kong, dénonçant notamment « l’ingérence » de l’Union européenne. 

15 juin 2019. Carrie Lam annonce la suspension du projet de loi, sans fixer de date pour la ­réintroduction du texte. 

16 juin 2019. Près de deux millions de manifestantEs, selon les organisateurs, défilent en exigeant notamment la ­démission de Carrie Lam.

17 juin 2019. Incarcéré depuis mai, un des leaders du « mouvement des parapluies », Joshua Wong, est libéré de prison. Il annonce aussitôt qu’il va rejoindre le mouvement de protestation. Échec de l’appel à la grève générale.

21 juin 2019. Des manifestantEs se massent devant le Quartier général de la police.

1er juillet 2019. Hostiles aux gouvernements de Hong Kong et de Pékin, 550 000 personnes défilent dans le centre-ville en cette date anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Chine.

D’autres manifestantEs entrent dans l’Assemblée législative, après en avoir brisé les baies vitrées blindées. La police ne reprend le contrôle de l’immeuble qu’au bout de plusieurs heures.

21 juillet. Agression violente des voyageurs par la mafia dans une gare de banlieue à l’heure de retour d’une grande manifestation en ville. Complicité de la police.

27 juillet. Pour la première fois, la manifestation n’est pas autorisée. Des centaines de milliers de personnes descendent néanmoins dans la rue.

5 août. Succès de l’appel à la grève générale. Blocage des trains et des métros par des jeunes manifestantEs.

Mi-août. À l’instigation du pouvoir de Pékin, des contre-manifestants viennent perturber les mobilisations de solidarité dans le monde. Depuis lors, les manifestantEs hongkongais à l’étranger sont contraints de porter un masque.

2 et 3 septembre. Échec de l’appel à la grève, mobilisation dans les lycées et les universités.

4 septembre. Annonce du retrait de la loi d’extradition à la mi-octobre. Les mobilisations ­continuent et se durcissent.

4 octobre. Le gouvernement interdit le port de masque en manifestation et en réunion. Il invoque à cet effet une loi de l’époque coloniale autorisant le représentant du pouvoir britannique à s’accorder les pleins pouvoirs. 

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