La Constituante de Maduro, qu’est-ce que c’est ?

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Des personnages clés

Nicolás Maduro

Ancien syndicaliste dans le métro de Caracas, il dirige le courant syndical le plus subordonné au gouvernement. Il devient ministre des Affaires étrangères de 2006 à 2013 avant de succéder à Hugo Chávez à son décès. Depuis, il gouverne un pays dans une crise économique et politique profonde.

Henrique Capriles

Issu de la grande bourgeoisie vénézuélienne, il participe à l’assaut contre l’ambassade de Cuba durant le coup d’État d’avril 2002. Il est depuis 2012 le principal représentant de l’opposition au gouvernement et incarne l’aile ayant renoncé aux tentatives de renversement par la rue. Il est condamné en avril 2017 à quinze ans d’inéligibilité.  

Leopoldo López

Lui aussi de la grande bourgeoisie vénézuélienne, il est le maire de la partie la plus riche de Caracas de 2000 et 2008. Il participe à ce titre à la tentative de coup d’État d’avril 2002 et joue un rôle dans l’arrestation du ministre de l’Intérieur d’Hugo Chávez. Il incarne l’aile insurrectionnelle de l’opposition, appelant début 2014 à « la sortie » de Nicolás Maduro avant son terme constitutionnel. Il a été condamné à 13 ans et demi de prison pour ce rôle.

 

Nicolás Maduro a proposé de convoquer une Assemblée constituante. Celle-ci serait composée de 545 constituants, dont un tiers serait élu par secteurs (par ordre décroissant de postes à pourvoir : travailleurs, retraités, étudiants, conseils communaux, indigènes, paysans/pêcheurs, patrons et handicapés), et les deux autres tiers au suffrage universel par municipalité. 

Les modalités d’élection du premier collège ne sont pas encore connues. Celles du second collège laissent apparaître une très forte surreprésentation des zones rurales. Un professeur à l’Université centrale du Venezuela a calculé qu’avec les mêmes rapports de forces électoraux qu’aux élections législatives de 2015 (58 % pour l’opposition, 42 % pour le gouvernement), le gouvernement obtiendrait 52 % des constituants du second collège. L’opposition a d’ores et déjà annoncé qu’elle refuserait de participer à un tel scrutin prévu fin juillet.

 

Pour aller plus loin

Olivier Compagnon (dir.) et al, Le Venezuela au-delà du mythe : Chávez, la démocratie, le changement social, Ivry-sur-Seine, L’Atelier, 2009.

Olivier Folz (dir.) et al, Le Venezuela d’Hugo Chávez : bilan de quatorze ans de pouvoir, Presses universitaires de Nancy – Éditions universitaires de Lorraine, 2013. 

Patrick Guillaudat et Pierre Mouterde, Hugo Chávez et la révolution bolivarienne : promesses et défis d’un processus de changement social, Ville Mont-Royal, M éditeur, 2012.

Cécile Raimbeau et Daniel Hérard, Chroniques bolivariennes. Un voyage dans la révolution vénézuélienne, Éditions du Croquant, Bellecombe-en-Bauges, 2014.

Rafael Uzcátegui, Venezuela, révolution ou spectacle ? Une critique anarchiste du gouvernement bolivarien, Paris, Spartacus, 2011.

Et sur la période récente :

Edgardo Lander, Venezuela. L’implosion d’un pays rentier (en deux parties), mis en ligne en août 2016.