Novembre 1918 : leur mémoire et la nôtre

Du dimanche 4 au vendredi 9 novembre, Emmanuel Macron va parcourir deux régions, onze départements et dix-sept villes. Il achèvera son périple à Paris pour les commémorations du 11 Novembre avec un discours prononcé sous l’Arc de triomphe devant une soixantaine de chefs d’État (dont Donald Trump) et de dirigeants d’organisations internationales.

Le déferlement patriotard et impérialiste ne s’accommode pas, semble-t-il, de fausses notes, même les plus minimes. Ainsi, le directeur académique de l’Éducation nationale de l’Indre vient d’interdire aux élèves du village de Tournon-Saint-Martin de chanter, lors de la cérémonie organisée par la commune pour la commémoration du 11 Novembre, la Chanson de Craonne.

La chanson a été inspirée par un air à la mode à l’époque mais ses paroles ont été écrites par des anonymes. Elle s’est diffusée clandestinement et a été notamment entonnée en 1917 par les soldats qui se sont mutinés (dans une cinquantaine de régiments) après une offensive très meurtrière au Chemin-des-Dames. On verra comment les choses vont en définitive se passer, mais cet événement est significatif. Le premier couplet est clairement loin des roulements de tambour patriotiques :

« Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot
On dit adieu aux civ’lots 
Même sans tambours, même sans trompettes
On s’en va là-haut en baissant la tête »

Et le refrain final :

« Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront 
Car c’est pour eux qu’on crève 
Mais c’est fini, car les trouffions 
Vont tous se mettre en grève 
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros 
De monter sur le plateau 
Car si vous voulez faire la guerre 
Payez-la de votre peau »

La chanson a été longtemps interdite. Raison de plus pour l’entonner le 11 Novembre et manifester contre Trump, Macron est tous les brigands impérialistes et fauteurs de guerre réunis à Paris.

HW

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