Grèce, deux ans après…

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Deux ans après l’espoir créé par l’arrivée au pouvoir de Syriza – et neuf ans depuis que la crise capitaliste mondiale est entrée dans sa phase « grecque » –, on voit bien que le recul populaire risque d’accroître les tendances « cannibalistes » tant au sein du pays (avec le racisme, le fascisme et le nationalisme montant) qu’au niveau européen et international. Le chacun pour soi concurrentiel pour repousser sur les autres les charges de la crise, s’étend au-delà des peuples particulièrement frappés (les Syriens ou les Grecs).

L’expérience de Syriza a confirmé qu’on ne peut pas colmater des brèches dans un système qui se fissure de partout et dont la seule vitalité réclamée est l’augmentation de la misère (austérité et guerres, économiques, mais aussi guerres tout court...). Mais le cadre de gestion imposé par les élites bourgeoises (nationales, européennes, internationales), rend les réponses illusoires attirantes, en promettant d’exporter vers d’autres peuples, d’autres populations ou collectivités, la misère exigée par le capital.

Il y a donc une course de vitesse entre l’enfoncement dans la barbarie concurrentielle conséquente (fascisme) et une réponse collective (socialiste) qui soit crédible, à savoir qui se concrétise par des médiations, des propositions concrètes, transitoires. La gauche anticapitaliste grecque, toujours existante en forces significatives bien que divisée, essaie de tirer ce bilan en termes programmatiques : la radicalité nécessaire (plus possible de se faire d’illusion sur l’Europe du capital et ses institutions !), les moyens possibles de contrer, politiquement et économiquement, la force du capitalisme mondial (quelles alliances, quelles propositions ?), l’unité et la coordination nécessaire dans les luttes ouvrières et sociales, mais aussi la force de frappe politique anticapitaliste.

Dossier coordonné par Tassos Anastassiadis et Andreas Sartzekis (Athènes)

 

« Défendre un « front » d’action, politique et électoral » (DEA)

Deux ans après la victoire politique de Syriza aux élections du 25 janvier 2015 et seulement 15 mois après la victoire électorale d’Alexis Tsipras contre l’aile gauche du parti Syriza aux élections du 20 septembre 2015, le gouvernement Tsipras s’enfonce dans une crise profonde...