8 mars : Toutes en grève !

Le mot d’ordre de grève des femmes le 8 mars commence à se développer timidement en France, pour la troisième année consécutive. Il est mis en avant par des structures diverses selon les villes : assemblées générales de femmes et collectif unitaire à Toulouse avec « Toutes en grève 31 » ; « NousToustes 38 », avec syndicats, associations et partis politiques dans la continuité du 23 novembre dernier à Grenoble ; « On arrête toutes » à Paris… En France, cela reste malheureusement encore trop faible, alors que le mouvement de grève est devenu puissant, à l’échelle internationale, ces dernières années.

Grève des femmes, grève féministe, pourquoi ?

L’idée de mettre en avant le concept de la grève, et pas seulement celui d’une traditionnelle manifestation féministe, prend forme depuis quelque temps. ll permet de mettre en avant non seulement la question des inégalités au travail, mais aussi celles dans la sphère privée, et de lier travail productif et reproductif.

On nous rétorque que cette grève sera invisible car elle aura lieu un dimanche. Mais justement !

D’abord, de nombreuses professions travaillent le dimanche, dans le secteur de la santé, de la culture et du commerce, des professions fortement féminisées, et le plus souvent avec des contrats précaires. On n’oublie pas que c’est Macron qui a permis cette généralisation du travail du dimanche « au choix » alors qu’il était ministre de l’Économie.

Et puis, pour de nombreuses femmes, celles ayant des enfants notamment, c’est probablement l’une des plus grosses journées de travail de la semaine, même s’il est gratuit, car qui cuisine ce jour-là ? Qui pense à inviter sa famille ou des amiEs ? Qui nettoie la maison de fond en comble, qui s’attaque à la pile de linge sale, qui planifie l’organisation de la semaine, qui prépare les repas en avance ? Etc.

Un mouvement qui s’internationalise...

Ce mouvement de grève des femmes occupe la scène internationale depuis quelques années ; il a émergé par une grève des femmes polonaises en 2016, puis a été repris en Argentine en 2017, dans les deux cas autour du droit à l’avortement. En 2018 et 2019, des millions de femmes se sont mis en grève et ont défilé dans l’État espagnol, en Grèce, en Allemagne, en Italie pour réclamer plus d’égalité, la fin des discriminations et des violences… Le 14 juin 2019 c’était la Suisse qui connaissait un mouvement de grève similaire avec près de 500 000 personnes mobilisées.

En grève !

Le mot d’ordre de grève féministe est donc profondément subversif en ce sens que comme une grève générale qui bloque un pays, elle met en lumière l’ensemble des tâches « invisibles » nécessaires au bon fonctionnement de la société et effectuées par les femmes. Si les femmes s’arrêtent, c’est bien toute la société qui s’arrête !

Ce dimanche 8 mars, cessons donc de nettoyer, de cuisiner, de consommer, de planifier la semaine de notre famille, choisissons plutôt de flâner, de prendre du temps pour nous, de nous divertir, de manifester !

Profitons de ce moment pour nous réunir, pour échanger, partout, à tous les niveaux, et commençons à réfléchir ensemble à un autre type d’organisation sociale.

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