Les 3 de Melle, emblèmes de la répression

Mardi 23 juin, le rectorat de Poitiers a signifié à trois enseignantEs du lycée Desfontaine de Melle (Deux-Sèvres), Aladin Lévêque, Cécile Proust et Sylvie Contini, la prolongation pour quatre mois de leur suspension, s’ajoutant aux quatre mois dont il et elles avaient déjà écopé en mars, suite à leur mobilisation contre les épreuves du bac Blanquer (les E3C). Huit mois de suspension pour s’être mobilisés, du jamais vu !

En janvier-février, de nombreux établissements s’étaient mobilisés sur le territoire, et de nombreux lycées n’avaient pu organiser les E3C. Le lycée de Melle a été vidé de ses enseignantEs, et les élèves enfermés dans des salles, pour les obliger à composer. Des retraitéEs ont été mobilisés pour remplacer les enseignantEs grévistes, et la direction de l’établissement a fait appel aux forces de l’ordre pour intervenir très violemment contre les élèves et les personnels.

Casser la mobilisation, par tous les moyens

C’est pour tenter de casser cette mobilisation que Blanquer (et ses recteurs) déploient aujourd’hui une répression sans précédent dans le secteur. Dans pas moins de 14 académies, des menaces disciplinaires ou pénales pèsent contre les personnels. À Clermont-Ferrand et à Cahors, ce sont des responsables syndicaux académiques qui ont été convoqués au commissariat. À Strasbourg, c’est un assistant d’éducation qui est menacé de licenciement suite à sa mobilisation devant le lycée Marie-Curie. À Dole, la mobilisation des personnels avec l’intersyndicale avait permis de faire annuler la suspension pour quatre mois de Noël Bucher. Sans parler des cas de Bordeaux, ­Montauban, Nancy…

Pour contrer cette répression, un comité de soutien aux 3 de Melle s’est constitué, organisant une campagne de selfies, et tournant une vidéo qui a réalisé plus de 170 000 vues. Devant cette mobilisation, une intersyndicale nationale CGT-SNES-FO-SUD s’est formée pour demander l’arrêt total des mesures et procédures engagées contre tous les personnels qui se sont mobilisés contre le bac Blanquer, et la levée immédiate de leur suspension.

Le 24 juin, alors qu’un responsable syndical FO était convoqué au commissariat à Cahors, des rassemblements ont eu lieu sur tout le territoire, dont un devant le ministère, qui a rassemblé une centaine de collègues.

Face à cette répression tous azimuts, et qui s’étend dans tous les secteurs (RATP, SNCF, inspection du travail, santé…), il est urgent de « déconfiner » une riposte unitaire.

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