Le protectionnisme dans les programmes électoraux

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Économie
arguments

Petit tour d'horizon des questions protectionnistes dans les programmes des différents candidats à l'élection présidentielle...

Comme l’indique Bayrou, Macron incarne « l’hypercapitalisme qui domine le monde ». Il défend la mise en concurrence généralisée des travailleurs, sommés de s’adapter aux lois purificatrices du marché. Il est logiquement le candidat du libre-échange, même s’il souhaite que l’Union européenne « contrôle » les investissements étrangers entrants.

Fillon est sur la même ligne. Il a approuvé le Ceta (traité de libre-échange avec le Canada), mais il adopte tactiquement une posture plus « volontariste », estimant que l’UE doit faire « plus » pour protéger « nos entreprises » face à la concurrence étrangère.

Hamon est opposé au Ceta et au Tafta. Il est pour des mesures protectionnistes au niveau européen pour faire respecter des normes sociales et environnementales.

Mais au-delà de leurs différences, Macron, Fillon et Hamon ne remettent pas en cause la liberté de circulation des marchandises et des capitaux au sein de l’UE, arme majeure des capitalistes contre les travailleurs.

Après avoir été libre-échangiste dans les années 1980, le Front national défend un protectionnisme national, avec une taxation des importations. Le FN s’oppose aux capitalistes étrangers... pour mieux livrer les travailleurs aux capitalistes français.

Mélenchon s’oppose à la liberté de circulation des marchandises et des capitaux, et défend les principes de la Charte de la Havane (1948). Celle-ci prône la coopération plutôt que la concurrence, le contrôle des mouvements de capitaux, l’autorisation des aides d’État et l’interdiction du dumping. Mélenchon défend un « protectionnisme solidaire » au niveau national, avec des hausses ciblées de droits de douane. Il s’agit de compenser la perte de compétitivité qu’entraînerait son programme keynésien par des mesures pénalisant la concurrence étrangère. Souci de cohérence salutaire... mais le capitalisme en crise n’offre aucune marge de manœuvre pour les réformistes, avec ou sans protectionnisme. L’impasse antilibérale.

Lutte ouvrière s’oppose au protectionnisme, présenté comme un frein à une mondialisation perçue comme positive puisque favorisant le développement des forces productives. La lutte contre les traités de libre-échange est présentée comme une « diversion ». L’important pour LO, c’est de lutter contre le capitalisme... pas contre les armes dont se dote la bourgeoisie pour mieux nous exploiter !

Gaston Lefranc

 

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