De l’énergie atomique en général et de ce qui s’est passé à Fukushima...

L’histoire abominable du nucléaire commence en 1942. Les États-Unis démarrent alors la mise au point la première bombe atomique. Trois ans plus tard, le 6 août 1945, Hiroshima est détruit, et trois jours plus tard, c’est le tour de Nagasaki. Au moins 200 000 morts...

Depuis 1945, huit autres pays se sont dotés d’armes nucléaires, et 31 ont construit des centrales nucléaires. 438 réacteurs sont actuellement en service à travers le monde.

En France, De Gaulle crée le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) dès la fin de la guerre pour fabriquer la bombe. Il y parvient en 1960, et entre 1961 et 1996, l’État français utilise ses colonies pour les essais nucléaires, au mépris des conséquences dramatiques qu’ils engendrent. Quant aux premiers réacteurs nucléaires, ils apparaissent opportunément en France à la fin des années 50.

En effet, il n’y a aucune séparation entre le civil et le militaire, les centrales civiles fournissent le carburant des bombes, uranium ou plutonium. Ce dernier n’existe pas à l’état naturel et seules les centrales nucléaires peuvent le produire. Avec l’énergie nucléaire, l’État impérialiste français a donc fait d’une pierre deux coups : asseoir sa puissance militaire et assurer une autonomie énergétique au prix d’une exploitation honteuse de ses pays vassaux.

La menace permanente

Aujourd’hui, on compte 58 réacteurs sur le territoire français. Si les bombes du nucléaire militaire parlent d’elles-mêmes en matière d’horreur, le cycle du nucléaire civil, de la mine aux déchets, n’est pas en reste. Des montagnes de déchets radioactifs s’accumulent et personne ne sait quoi en faire pour l’instant. Après avoir été déversés dans toutes les mers du globe, ils risquent aujourd’hui l’abandon dans les entrailles de la terre, dans le mépris le plus absolu des générations futures.

Au Niger, les sols, les eaux, les airs sont contaminés, au mépris de la santé des populations, et les travailleurs esclavagisés par Areva, qui extrait son précieux minerai en dépit des règles de sécurité les plus élémentaires.

Enfin et surtout, l’incommensurable danger des centrales nucléaires elles-mêmes est désormais avéré, après les catastrophes de Tchernobyl (explosion du réacteur) et surtout de Fukushima, catastrophes qui placent toujours l’humanité sous la menace permanente de l’horreur absolue. En 2011, à Fukushima, un séisme a en effet provoqué des dommages gravissimes. Des explosions ont soufflé le haut des bâtiments des réacteurs, libérant des matières radioactives dans l’environnement. L’océan a été contaminé, et surtout, l’absence soudaine de refroidissement a entraîné la fusion des cœurs de trois réacteurs. Personne ne peut aujourd’hui atteindre ces cœurs qu’il faut refroidir sans fin, et nul ne peut prédire ce qui va advenir.

Nous sommes désormais prisonniers de la menace nucléaire.

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