Aux origines de l’état d’urgence

Au moment où les crises économiques rebondissent de mois en mois, d’année en année, au moment où la crise climatique s’approfondit, au moment où la représentation politique est elle aussi en crise, les classes dirigeantes de ce pays voit d’un bon œil la consolidation d’un régime présidentiel déjà fort mais dont la base sociale reste incertaine.

En effet, les exigences économiques et sociales d’un patronat à l’offensive nécessitent toujours plus de mesures de régression sociale, de répression. Dans le même temps, malgré une certaine atonie, des résistances sociales existent, et l’absence durable de représentation politique peut favoriser un emballement de luttes encore aujourd’hui très dispersées et très défensives.

L’émotion suscitée par les attentats donne au gouvernement, avec l’appui des principaux médias, une couverture pour, au nom de la lutte contre le terrorisme, développer une politique de répression tous azimuts. La déchéance de nationalité et les attaques répétées contre le droit du travail s’inscrivent pleinement dans cette offensive. Mais le cœur et la cohérence sont donnés par la mise en œuvre et la prolongation de l’état d’urgence, avec pour objectif son inscription dans la Constitution.

C’est pourquoi, cette semaine, nous avons pensé utile de donner un éclairage au travers de contributions revenant sur différents aspects de l’état d’urgence, historique comme juridique.

Étranger par héritage...

En mai 2012, lorsque Manuel Valls accédait au ministère de l’Intérieur en roulant des épaules, se revendiquant hautement du briseur de grèves Georges Clemenceau, je m’étais permis cette petite insolence dans mon bulletin mensuel, Que fait la police : « Après l’eau de Vichy, l’eau de

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