Un CPN consacré à la construction de l’opposition à Macron

Le Conseil politique national du NPA (CPN) s’est réuni les 16 et 17 juin. 

Il s’agissait de faire un bilan d’étape de l’affrontement avec le gouvernement et prendre des premières décisions concernant les élections européennes de 2019.

Bilan et perspectives 

La plus importante partie de la réunion était centrée sur la construction de l’opposition à Macron et son gouvernement. Nous avons ainsi discuté notamment de la mobilisation à la SNCF, de comment s’appuyer sur la colère des cheminotEs pour construire la mobilisation malgré les choix désastreux des directions syndicales, ainsi que de la mobilisation dans la jeunesse et de ses difficultés à se structurer. Nous avons également fait un bilan de l’orientation mise en place par le NPA dans la dernière période, la bataille pour la grève générale, la politique unitaire qui a abouti notamment aux manifestations du 26 mai…

Nous avons également discuté de comment aider les mobilisations à entrer dans une nouvelle phase, sans possibilité de mouvement d’ensemble dans les prochaines semaines, en particulier à la SNCF, La Poste et à Ford contre les licenciements. Même si nous sommes forcés de reculer sur la possibilité d’une grève générale, nous voulons tout faire pour que les luttes partielles obtiennent des victoires, comme à l’hôpital du Rouvray, aux Catacombes de Paris par exemple. Ces victoires seront un point d’appui pour tirer des bilans positifs et relancer une grève de masse aussitôt que possible. Nous avons également eu un (trop court) échange sur les difficultés à construire un mouvement de masse contre la politique anti-immigréEs du gouvernement.

Se préparer pour les élections européennes de 2019

Cette échéance peut paraitre très lointaine, mais une petite organisation comme la nôtre doit nécessairement se préparer à l’avance, en particulier en raison de l’effort financier que cela représente. Nous estimons en effet le coût d’une telle campagne à 1,5 millions d’euros (bulletins de votes et professions de foi envoyés aux électeurEs), un montant que nous allons donc devoir collecter d’ici un an, à l’image de la recherche des parrainages de maires pour l’élection présidentielle.

Mais nous estimons que l’enjeu vaut l’effort militant. En effet, cette élection sera un moyen de sanctionner du gouvernement, et « de présenter une réponse anticapitaliste et révolutionnaire tant à l’offensive de Macron qu’aux phénomènes morbides que l’Union Européenne engendre. Leur Europe, celle des gouvernants, n’est rien d’autre que celle de la concurrence généralisée et du toujours plus de profit » (résolution votée à 65% des voix exprimées).

Les débats ont notamment porté sur la façon de formuler notre rejet de l’UE. La résolution indique qu’« un gouvernement anticapitaliste devrait prendre des mesures de rupture avec le marché européen ou mondial en vue de réaliser son programme ou de se défendre contre l’agression et les représailles économiques menées par la bourgeoisie. En même temps […], il s’adresserait immédiatement à tous les peuples pour avancer vers une Europe des travailleurEs, où le contrôle effectif de l’ensemble de l’économie par les travailleuses et les travailleurs organiséEs démocratiquement, dans leurs entreprises et leurs quartiers, s’étendrait aussi bien à l’échelle nationale qu’européenne et au-delà. »

Une motion a également formulé notre démarche : « le NPA s’adresse aux organisations anticapitalistes, en particulier Lutte ouvrière1 qui a déjà annoncé son intention de se présenter à ces élections, mais aussi aux militantEs des mobilisations multiformes qui combattent le gouvernement français comme l’Union Européenne, afin de leur proposer une convergence dans une liste commune, mettant en avant ce qui nous est commun ».

Mais les discussions ne s’arrêtent pas à ce CPN : en effet, des camarades ont exprimé des positions différentes sur la pertinence et la possibilité de mener cette campagne, ont demandé une consultation des comités (motion rejetée recueillant 46% des voix exprimées), quand d’autres ont présenté des axes différents (deux motions ont été rejetées mais ont recueilli 35% et 46% des voix exprimées). La discussion se poursuivra donc dans l’organisation, mais sans que cela ralentisse la préparation de la campagne.

Enfin, nous avons mis en place différents points organisationnels : élection du comité exécutif, de la commission « formation », préparation d’une conférence nationale d’intervention dans les lieux de travail « public-privé », etc.

Antoine Larrache

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