L’urgence d’une campagne pour faire entendre la voix des exploitéEs

L’offensive raciste, la répression, les licenciements et les débuts de la campagne présidentielle ont structuré nos débats de rentrée.

Nos discussions ont ainsi commencé par un tour des secteurs en lutte en cette rentrée. Nous avons notamment entendu les rapports des camarades des différentes entreprises raconter le déroulement de ces derniers mois. Dans une bonne partie d’entre elles, la mobilisation contre la loi travail est restée limitée et le patronat veut mettre en place de nouvelles mesures visant à renforcer la productivité, notamment par des licenciements.

Nous avons constaté également l’accumulation de suppressions de postes et licenciements, chez SFR, Alstom, Philips, Outils Wolf, Lafarge, Intel, Latécoère, HSBC, etc. Comme le dit la résolution majoritaire (adoptée à 52 %), « Les attaques gouvernementales et patronales ne rencontrent pas de résistance unifiée et massive pour le moment. Il y a fort à parier que, d’ici la présidentielle, l’actualité soit émaillée de multiples mobilisations sans caractère de masse. Notre rôle, en tant que parti, est à la fois de contribuer à construire ces mobilisations tout en défendant des orientations pour la lutte : l’unité du mouvement, la grève comme moyen de construire un rapport de forces, la convergence des luttes contre le gouvernement et le patronat pour obtenir de réelles victoires. »

Les prochaines échéances de mobilisation

Nous allons donc tenter de contribuer à la construction des mobilisations contre les licenciements et à leur unification.

Nous avons aussi discuté des moyens de combattre l’offensive répressive contre les mobilisations sociales, à Air France, au Havre contre les dockers, contre les manifestations, les zadistes, les migrantEs et bien d’autres. Notre objectif est de tenter d’unifier les résistances face à un gouvernement qui a fait de la répression une arme permanente et nous pensons que la mobilisation du 19 octobre à Amiens peut y contribuer.

Dans les prochaines semaines, les mobilisations écologistes seront sur le devant de la scène : à Flamanville contre le nucléaire le 1er octobre et à Notre-Dame-des-Landes le 8 octobre.

Nous préparons aussi la manifestation de Calais en soutien aux migrantEs, qui aura également lieu le 1er octobre.

Religion, islamophobie et terrorisme...

Au-delà du débat sur la religion, classique dans le mouvement ouvrier,nous avons dénoncé les amalgames entre islam et terrorisme et abordé nos propres réponses au terrorisme et à l’intégrisme1.

Des nuances et désaccords habituels dans notre organisation se sont exprimés, tout en votant des éléments permettant un positionnement clair : « Les arrêtés “anti-burkini” ont été le phénomène le plus médiatisé, monté en épingle, qui associe les femmes portant ce vêtement à des risques de troubles à l’ordre public et au soutien aux terroristes. Il s’agissait encore une fois de faire diversion face aux profondes préoccupations sociales de la grande majorité de la population mais aussi d’inventer un ennemi intérieur, le musulman, sommé de se positionner en défense de la République sous peine d’être soupçonné de collusion avec Daech. L’islamophobie est devenue le cheval de Troie du racisme classique. »

Lancement de la campagne présidentielle

Enfin, nous avons décidé des axes politiques de lancement de notre campagne présidentielle. « La question clé : la nécessaire représentation politique des exploitéEs et des oppriméEs [car] un fossé toujours plus grand se creuse entre la colère sociale d’un côté et les partis au pouvoir et les institutions de l’autre » (extrait de la seconde partie de la résolution majoritaire, adoptée, elle, à 56 %). Quelques camarades restent opposés au fait de présenter un candidat à la présidentielle, et d’autres, plus nombreux, défendaient un profil différent pour cette campagne.

Les axes essentiels de la campagne de notre camarade Philippe Poutou ont donc été détaillés : opposition au gouvernement, réquisition des banques, interdiction des licenciements, réduction massive du temps de travail, liberté de circulation et d’installation pour les étrangerEs, arrêt de la politique impérialiste française, rupture avec le productivisme, sortie du nucléaire, politique féministe et pro-LGBTI, rupture avec les institutions nationales et européennes… Réaffirmant le profil adopté lors de la conférence nationale de février, « le NPA met l’accent sur toutes les luttes qui portent en germe un autre monde et qui soulèvent les questions essentielles de la lutte des classes : Quels besoins sociaux ? Que produire ? Comment produire ? Qui décide ? Comment décider ? Bref la question de la démocratie, du contrôle par celles et ceux qui produisent les richesses dans toutes les sphères de la société. »

Antoine Larrache 

 

La recherche des signatures, c’est maintenant !

Le CPN nous a permis de faire un point collectif sur la recherche des parrainages pour l’élection présidentielle. Avec une centaine de promesses de maires et de conseillers régionaux, nous en sommes au même point qu’en 2012 à la même période.

Nous avons déjà rencontré beaucoup de maires révoltés par la politique du gouvernement et très insatisfaits de l’offre politique pour cette élection. Comme en 2012, nous devons donc touTEs nous mettre au travail pour trouver les sésames qui rendront possible notre candidature jusqu’au bout !

 

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