La séquence électorale, une étape dans la crise politique, une course de vitesse pour y répondre

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Résolution du CPN des 1er et 2 juillet 2017. Après les mobilisations contre la loi Travail, contre les grands projets inutiles ou les violences policières, en solidarité avec les migrants, la séquence électorale présidentielle et législative a révélé une rupture d’une partie du monde du travail et de la jeunesse avec les forces politiques qui géraient depuis des décennies les institutions bourgeoises. Elles ont exprimé la volonté d’en finir avec la fausse alternance droite-gauche mais aussi les aspirations à des réponses politiques en rupture avec ce théâtre d’ombres et qui prennent en compte l’ampleur des reculs sociaux imposés depuis 35 ans. Enfin s’est fortement manifestée, la volonté de sanctionner ceux qui avaient mis en œuvre ces politiques antisociales, à commencer par le PS dans son ensemble et pour l’ensemble de son œuvre. Mais ce ras-le-bol des partis politiques institutionnels,a principalement profité à des forces qui, sous couvert de nouveauté, défendent une politique au service des intérêts de la bourgeoisie. Le trio Macron-Le Pen-Fillon totalise ainsi 65% de suffrages exprimés au 1er tour de la présidentielle. La gauche, malgré le score important de Jean-Luc Mélenchon, a récolté moins de 30% des voix, signe d’un recul de la conscience qu’a notre camp de ses intérêts de classe. A cette étape, ce sont donc plutôt les phénomènes de décomposition et de confusion qui dominent dans le grand chamboulement qu’a apporté l’élection présidentielle au champ politique.

Après avoir utilisé les 3 forces (LREM, le FN et la France Insoumise) apparaissant comme « crédibles » sur le plan électoral pour sanctionner le PS et les Républicains, lors des présidentielles, le fait politique des législatives est le niveau jamais atteint de l’abstention, avec des taux montant à 70 % dans les quartiers populaires. Celles et ceux qui avaient suivi la campagne des présidentielles en s’informant, participant aux meetings… ont pour une très grande part refusé de se déplacer aux législatives. Et ce malgré le rouleau compresseur des appels moralisateurs à « faire leur devoir citoyen », des représentantEs des forces politiques et des médias. S’il est, par définition, difficile d’analyser l’abstention, on peut tout de même se dire qu’en 5 semaines les cheminements de conscience entamés avant et pendant la présidentielle n’ont pas été annihilés. Compte tenu de la nouvelle situation politique créée par les résultats, mais aussi du recul de la conscience qu’à notre camp de ses intérêts de classe, comment pouvons-nous essayer de contribuer à la reconstruction d’un projet anticapitaliste pour la transformation révolutionnaire de la société. 

 

Après la crise économique et la crise sociale, vers une crise politique et institutionnelle ?

Le fonctionnement des institutions apparaît comme particulièrement illégitime et antidémocratique : à peine 16 % des voix au 1er tour des législatives donne plus de 60 % des sièges à l’Assemblée. Siles institutions de la 5ème république, assurent une stabilité politique temporaire au vainqueur et peuvent lui permettre d’envisager une offensive éclair contre le monde du travail, rien ne garantit que cela dure. En tout cas cela dépendra largementde la mobilisation et de la (re)construction des outils de résistances. En effet si le PS, et avec une moindre ampleur Les Républicains, subissent la sanction électorale combinée à la réussite de la manœuvre de Macron, pour le moment le risque d’explosion des deux forces ayant structuré la vie politique depuis plus de 40 ans ne débouche pas sur l’émergence de nouveaux partis.

De son côté, la France Insoumise, a obtenu d’importants scores électoraux, en particulier à la présidentielle, beaucoup moins aux législatives.  Elle a été saisie comme le principal outil pour refuser à gauche la politique menée par le PS, de la loi travail à Notre-Dame-des-Landes, de l'état d'urgence à la déchéance de nationalité. Elle a réussi à détourner une partie de la colère sociale vers le giron institutionnel avec des dérives chauvines.

La FI a été un outil entièrement tourné vers les échéances électorales au détriment des luttes, vertical malgré ses prétentions à la démocratie participative et entièrement structurée autour du chef. De plus, sa direction a fait des efforts constants pour brouiller les cartes sur le plan des références de classe Cependant elle a permis l'implication de très nombreux militantEs, souvent jeunes auxquels nous devons nous adresser, faire des propositions d'action pour les mobilisations qu'elles soient sociales, écologiques ou démocratiques.

Lesdivergences politiques entre la FI, le PCF, et les Verts, apparaissent de plus en plus comme des préoccupations de sauvegarde de positions institutionnelles. Cela ne peut qu’avoir un effet démoralisateur sur celles et ceux qui regardent vers eux. Le PCF sort particulièrement affaibli de cette séquence et en position de dépendance des conditions que lui imposera Mélenchon et la FI.

L’extrême gauche n’est pas apparue comme un bulletin de vote utile malgré la forte sympathie acquise par Philippe Poutou et dans une moindre mesure Nathalie Arthaud.  LO est parvenu à obtenir 1 % dans plus de 80 circonscriptions, ce qui montre qu’il est possible de maintenir un (tout) petit courant de vote pour les candidatures anticapitalistes et révolutionnaires. Notre score à la présidentielle, nos difficultés internes et financières, ne nous ont pas permis de présenter des candidatures en nombre significatif pour nous donner une visibilité.Ce qui nous renvoie au problème de ne pas avoir anticipé l’échéance des législatives, du fait du manque de confiance dans nos capacités d’aller au bout de la présidentielle.Néanmoins, nos réunions publiques et nos meetings ont permis de discuter avec le milieu qui s’intéresse à nos idées et à recruter des militantEs dans de nombreux endroits, même si ce n’est pas un phénomène massif.

Après des années d’offensive néolibérale, antisociale, raciste et réactionnaire, ces élections montrent globalement la possibilité pour la bourgeoisie d’un rattrapage de la situation européenne par la France, avec un mouvement ouvrier fragilisé et des partis bourgeois en position d'engager une offensive frontale afin de reprendre toutes les concessions faites aux travailleurs au lendemain de la seconde guerre mondiale. En effet, le principal concurrent de Macron n’est actuellement pas à gauche, mais du côté des Républicains et du Front national. Leurs scores aux législatives sont décevants pour eux, ils n’auront que peu d’élus mais ne nous y trompons pas, ils représentent des forces importantes et qui sauront se faire entendre dans les prochains mois. Les 11 millions de voix pour Le Pen n’ont pas été effacées par son échec relatif aux législatives mais le FN entre dans une période de bilan et de crise, dont on ne peut savoir ce qui sortira.  On peut par contre pronostiquer que la politique antisociale de Macron peut pousser des courants de l’extrême-droite à exprimer la colère populaire sur un terrain extra-parlementaire, y compris dans la rue, ce qui révéleraient lanature profonde de ce courant politique.

En tous cas, Macron sort renforcé de la séquence, en s’appuyant sur les institutions de la Ve République, parmi les plus antidémocratiques. Le début du quinquennat a renforcé la présidentialisation du régime, avec un exécutif qui désigne complètement par en haut la représentation parlementaire. Macron a surfé sur la peur du FN pour faire croire, comme Juppé, qu’il incarnerait un régime stable et prêt aux compromis sociaux. Ce phénomène, cumulé au ras-le-bol des classes populaires vis-à-vis des politiciens, a permis à Macron, avec 11% d’électeurs convaincus de son programme, 16 % des inscrits votants pour son parti aux législatives, de concentrer tous les pouvoirs. Sans parler de tous ceux qui n’ont pas le droit de vote, parce qu’ils n’ont pas la nationalité française ou parce qu’ils ont été radiés des listes.

C’est là que s’inscrit l’espoir pour nous : la base sociale de Macron est extrêmement réduite. Son pouvoir est illégitime car il s’appuie sur des institutions particulièrement antidémocratiques, sans que cela signifie un soutien de la part de la population. De notre côté, nous devons tout faire pour transformer le ras-le-bol qui s’exprime aujourd’hui principalement dans la passivité représentée par l’abstention en une mobilisation contre la classe dominante.

Plus que jamais, le décalage entre la colère, les aspirations du monde du travail, et la représentation politique montre l’urgence de construire une nouvelle représentation politique pour les exploités, un parti qui défendent ses intérêts en toutes circonstances, tout autant que des organisations syndicales et des associations qui défendent pied à pied les revendications des classes populaires. Dans le même temps, sur le terrain de la résistance contre les attaques, l’unité de la classe des travailleurs, dans l’action, est une nécessité vitale pour reconstruire une conscience de ses intérêts collectifs. Le NPA veut être un outil utile sur ces deux terrains avec la conscience qu’il y a des interactions entre les deux mais qu’ils ne se recoupent pas.

 

La politique de Macron

Le projet politique de Macron est clair : achever la contre-révolution néo-libérale à l'œuvre depuis une trentaine d'années. Ce qui se traduit par la destruction des collectifs de travail, la généralisation de la précarité et de l'individualisation, la désorganisation des travailleurs en brisant tout lien de solidarité en particulier la Sécurité sociale. Le capitalisme néo-libéral ne cherche pas à négocier ; il veut écraser toute capacité de contestation même minime avec si possible le consentement des « acteurs » sociaux.

La loi travail XXL a pour objectif un nouveau saut qualitatif dans la casse du droit du travail. L’idée est d’amplifier l’inversion de la hiérarchie des normes en permettant aux accords d’entreprises de remettre en cause les accords de branche concernant par exemple les règles de rémunération ou de déréglementer le recours aux contrats précaires. Ces « accords » pourraient résulter de référendums organisés par les patrons. Il s’agit aussi de faciliter encore les licenciements – notamment pour motif économique – et d’en limiter le coût en plafonnant les indemnités en cas de licenciement abusif et en dressant toutes sortes d’obstacles pour empêcher les salariés de saisir les prud’hommes. Il s’agit enfin, avec la fusion des instances représentatives du personnels (délégués, CE, CHSCT voire délégués syndicaux) de limiter les possibilités de contrôler et de freiner ce que font les patrons, de réduire le nombre de salariés protégés contre les licenciements. Couplée avec des mesures de type « reconnaissance de l’expérience » des représentants et la création du « chèque syndical », la fusion des instances vise à créer des représentants professionnels et à transformer le champ syndical.

Deuxième dossier, le transfert des cotisations sociales vers la CSG est une nouvelle attaque contre le salaire socialisé et qui vise à réduire les retraites. 

Troisième dossier, la sélection à l’entrée des universités et la réforme du bac. Une campagne idéologique est actuellement en cours pour expliquer que cela se justifierait par de nécessaires économies dans les universités et le passage du diplôme, et par la nécessité d’adapter les études au marché du travail. Si le gouvernement réussissait à faire passer cette attaque, qui n’a pas connu d’équivalent depuis la tentative de 1986, cela représenterait un saut qualitatif dans la capacité à encadrer la jeunesse sur le plan idéologique comme sur le plan de l’accès aux qualifications.

Quatrième dossier, celui de la répression, est absolument décisif. Macron veut faire entrer dans la loi des restrictions démocratiques telles que le New York Times les a dénoncées. Assignations à résidences de trois mois renouvelables pour « Toute personne à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre publics », perquisitions administratives, exploitation des données numériques, des ordinateurs et téléphones saisis, fermeture d’un lieu de culte pourraient prises par le Ministère de l’Intérieur et les préfets sans intervention d’un juge judiciaire.

La répression, ce sont aussi les jeunes de Rennes arrêtés pour couvrir le flic qui a sorti une arme face à des manifestants, les dizaines d’interdiction de manifester, les condamnations de syndicalistes. Cette politique est loin d’être terminée, elle sera probablement amplifiée dans les prochains mois. 

Les premiers pas de Macron comme chef des armées sont inquiétants. Remplacement du Ministère de la Défense par le ministère des Armées, visite des troupes de l’opération Barkhane au Mali, défilé guerrier le 8 mai, accueil d’Alassane Ouatarra en grande pompes à l’Elysée, virage de "realpolitik à priorité antiterroriste" concernant Bachar al-Assad en Syrie, encouragements à  Mohamed VI contesté par la mobilisation du Rif au Maroc... Il projette de placer la France à la tête des armées européennes pour assurer le contrôle de zones d’influences élargies assurant un accès privilégié à certains marchés, des débouchés pour les vendeurs d’armes et une influence maintenue de l’impérialisme français. Oui, Macron est un ennemi des peuples. Plus que jamais, préparer notre camp social au combat contre notre propre impérialisme, pour le retrait des troupes… est une nécessité.

Enfin, la politique raciste du gouvernement précédent se poursuit. Les migrants sont expulsés des centres d’accueil, traqués, détenus dans les locaux dans les gares ou les aéroports, leurs soutiens sont poursuivis. Les politiques de casses des droits sociaux, en particulier du logement, ont des conséquences désastreuses, notamment dans les foyers.

 

Une course de vitesse est engagée

Les mobilisations dans les entreprises sont actuellement très défensives, sur la question des licenciements en particulier, à GM&S, Tati ou ailleurs, essentiellement sur des propositions de reprises ou de Scoop. Cela révèle le fait que l’unité et la mise en mouvement de la classe ouvrière sera une bataille longue et difficile. Les initiatives prises par la CGT ou des intersyndicales dans certains coins (Ville de Paris, énergie, Ministère du travail, Poste…) restent d’ampleurs très limitées. Les grandes centrales syndicales, elles, jouent le jeu du gouvernement en participant aux négociations, entretenant ainsi l’illusion qu’il serait possible de dialoguer avec un tel gouvernement.

Des points d’appui existent néanmoins pour faire face à cette situation. Le mouvement sur la loi travail a mis en mouvement des milliers de personnes qui continuent à militer de diverses manières. L’absence de réaction des directions syndicales comme des partis ont laissé un espace, en partie comblé par des collectifs de luttes.

Le Front social, qui correspond à des réalités diverses, en est un exemple même s’il est perçu avec méfiance par de nombreuses structures.  Il coordonne plusieurs dizaines de structures syndicales ou associatives, dans une vingtaine de villes, qui ont comme boussole la convergence des différents terrains de luttes. Il a permis des dates de manifestations et contribuer à poser le problème de la construction des luttes dans les organisations syndicales. Pour que le Front Social soit utile il doit tenir la ligne de n’être un substitut ni aux organisations syndicales, ni aux organisations politiques. S’il réussit à fédérer les équipes qui ne veulent pas être paralysées par l’inaction des directions syndicales, le Front Social peut être un caillou dans la chaussure des directions prêtes à s’embringuer dans les logiques de dialogue social. Il est positif de ce point de vue, que le congrès de Solidaires ait appelé aux rassemblements initiés par le Front Social et que P. Martinez ait été obligé d’affirmer qu’il ne fallait pas compter sur la CGT pour « être l’alibi d’un pseudo dialogue social ». D’autres cadres, syndicaux ou de type collectifs, qui pour des raisons diverses ne se reconnaissent pas dans le front social, prennent également des initiatives. Mais  Il ne tient qu’à nous d’organiser, avec d’autres,en utilisant les appels unitaires comme celui initié par Copernic ou celui des organisations politiquesdes réunions unitaires dans les villes, afin de fédérer toutes les organisations qui le souhaitent pour construire la mobilisation.

Il est donc important de mener dans les structures syndicales et associatives dans lesquelles nous intervenons le débat autour de la question de la convergence des luttes pour construire des mobilisations sociales et démocratiques de résistance à l’offensive générale du gouvernement contre le monde du travail et la jeunesse.

Le projet de ce dernier de passer par les ordonnances a pour objectif de ne pas laisser le temps aux travailleurs de s’organiser. Il se prépare à diviser entre une frange radicale, qui se mettrait en mouvement pendant l’été, et les larges masses, passives. Il pourrait ainsi réprimer les premières, les isoler, tout en intégrant les syndicats à des discussions.

Notre orientation doit contribuer à faire l’inverse : les franges les plus militantes du salariat et de la jeunesse sont un levier pour mobiliser tout le monde. Nous devons, dans tous les cadres où nous intervenons, que ce soit le Front social, les syndicats, les associations ou en tant que parti, défendre une orientation commune. La construction des mobilisations ne dépend pas que de l’investissement volontariste d’équipes militantes. Cela dépend aussi dans une grande mesure de la conscience de l’adversaire, de ses forces et de ses méthodes, c’est-à-dire la compréhension politique des intérêts et de la politique de la classe que nous devons combattre. De ce point de vue nous devons dans nos interventions expliquer les réformes (code du travail, répression, bac, racisme…) et leur gravité ; défendre le besoin d'échéances centralisatrices de mobilisations permettant au plus grand nombre d’agir, aux structures syndicales de mobiliser les travailleurs, en particulier à la rentrée ; et proposer des réunions unitaires, au niveau national comme au niveau local, à des tous les courants du mouvement ouvrier pour envisager des expressions communes sur la préparation de la riposte. Nous pouvons aussi contribuer à ce que des initiatives, des appels, des contributions, se développent dans les syndicats pour argumenter en faveur d’un mouvement d’ensemble, de grèves et de manifestations, contre les attaques du gouvernement.

Il s’agit de défendre dans tous ces cadres unitaires l’idée qu’on ne pourra bloquer ce gouvernement que par une grève de masse, plus puissante que celle sur la loi travail, unitaire et durable.

Le rassemblement à Notre-Dame-des-Landes les 8 et 9 juillet est placé sous les verbes « Résister, agir, vivre ». La participation active d'un collectif syndical (Union Départem. Solidaires 44 - CNT 44 - CGT AGO - Collectif National des Syndicats CGT de Vinci - CGT Travail-Emploi-FP 44 - CGT CDC et des syndiqués CGT opposés à l'aéroport...) ouvre, comme l'indique les organisateurs/trices des perspectives de solidarités réciproques, comme aux grandes heures des alliances ouvriers-paysans de Loire-Atlantique. Le NPA sera présent dans 4 débats (Loi Travail, Luttes écologiques et luttes sociales, écologie et féminisme, transports gratuits). C'est une échéance très importante pour la résistance et l’alternative à Macron et son monde, et donc pour tout le NPA.

A côté de cette politique unitaire l’enjeu est la reconstruction d’un parti porteur d’un projet politique de transformation révolutionnaire. Notre tâche centrale est d'œuvrer à l'unification des couches sociales exploitées et opprimées. Sur l’ensemble des terrains de luttes, se pose la question de faire converger les mobilisations multiples pour que se constitue l'unité des exploitéEs et des oppriméEs pour construire  un  projet de transformation sociale, d’émancipation.

 

Construire le NPA

Le fiasco électoral montre la faillite des organisations de la gauche institutionnelle et met au premier plan la nécessité de reconstruire une représentation politique pour les exploitéEs. Il faut tirer les bilans.

Le conflit entre FI, PS et PCF a été un conflit pour des places dans les institutions, il a déplacé l’aspiration de centaines de militants à changer le monde dans une bataille à coups de drapeaux français, d’illusions sur les changements possibles dans les institutions, de programmes crédibles, etc.  Nous devons débattre avec les militantEs de la FI, comme avec de nombreux militant.e.s syndicaux, associatifs, du mouvement social, sur les formes de structurations, sur la pertinence du clivage de classe, la nécessité d’un programme anticapitaliste, écosocialiste, la défense de l’idée d’un parti pour poser la question du pouvoir, alors que cette forme d’organisation largement remise en cause.   

Comme nous le disions à notre conférence nationale présidentielle : « Nous avons besoin d’un parti indépendant qui soit aussi fidèle à leurs intérêts que le gouvernement l'est au Medef, qui se bat pour l’unité du monde du travail et de ses organisations contre le patronat et l’État. Un parti qui tire le bilan des échecs de ceux qui, en Europe, ont prétendu lutter contre l'austérité capitaliste sans s'affronter et en finir avec les institutions des classes dirigeantes. Il est nécessaire d’œuvrer à la construction de ce parti capable de résister aux attaques immédiates tout en défendant une perspective pour la transformation révolutionnaire de la société, pour en finir avec le capitalisme. » Le NPA ne peut pas prétendre être à lui seul ce parti qui se construira par des regroupements, des ruptures face aux tâches pratiques pour les anticapitalistes et les révolutionnaires.  Plus probablement sous l’effet de l’expérience de futures montées des luttes que par le renouvellement de débats entre forces politiques se situant d’une manière ou d’une autre du côté du monde du travail. Car même s’il faut continuer à débattre avec toutes celles et ceux qui acceptent le débat, (sur différentes questions, les débats n’étant pas les mêmes avec LO ou AL d’une part, avec les réformistes d’autre part ou encore avec les zadistes etc…), même s'ils ne pourront être tranchés que par de nouvelles expériences de masses et les problèmes concrets qu’elles nous poseront. Ces débats sont nécessaires pour contrebalancer les différents raisonnements poussant au sectarisme, et pour la politisation des militantEs. 

Pour la période qui vient, il s’agit de construire l’outil que nous avons, le NPA. 400 000 personnes ont voté Philippe Poutou, sans compter celles qui ont hésité, plusieurs centaines se sont rapprochées de nous, ont milité avec nous. Nous devons leur proposer un cadre qui permet de militer dans la période : construire les mobilisations avec elles, discuter de comment y défendre une orientation, proposer des débats politiques et des formations.

Nous devons ainsi continuer les réunions publiques, en particulier avec nos porte-paroles les plus connus, pour discuter avec notre milieu et lui proposer de s’organiser. L’université d’été et la reprise d’une politique nationale de formation seront aussi des moments importants pour permettre aux militants de se forger leurs propres opinions sur le monde.

La crise systémique du capitalisme pousse à repenser et retravailler l’analyse des rapports de forces économiques, mais aussi à rouvrir des débats sur le bilan des luttes du mouvement ouvrier, la révolution russe, les enjeux de la crise climatique et écologique, l'articulation des luttes contre les oppressions...

Enfin, nous devons œuvrer à ce que le climat interne  et le fonctionnement collectif s’améliorent. Les débats et les désaccords font partie de la vie d’une organisation politique mais le NPA ne peut être une fédération de courants et de fractions. L’un des enjeux du congrès sera de reconstruire un parti capable de débattre sereinement et de militer de façon coordonnée. 

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