Tract diffusé à la manifestation du 23 septembre

 

Contre Macron, un mouvement d’ensemble des jeunes et des travailleurs/ses

  

L’épreuve de force avec le gouvernement a commencé avec les grèves du 12 et du 21 septembre, la mobilisation des routiers et des universités qui se mobilisent. Nous devons la gagner. En effet, la politique du gouvernement Macron est la mise en œuvre d’un projet d’une société où les salariéEs n’ont plus de droits collectifs, où le patronat est tout puissant, où le racisme et la répression policière s’accentue en inscrivant l’état d’urgence dans la loi pour nous faire taire.

Cette politique intervient dans le contexte d’une crise économique, sociale et écologique profonde, qui nous percute touTEs. Le PS et Les Républicains ont été lessivés pour avoir voulu mener cette politique et ont ouvert la voie à Macron… et au Front national. Dans toute l’Europe, des gouvernements autoritaires, appuyés sur l’Union européenne, attaquent les droits des classes populaires et force est de constater que pour l’instant, les résistances ne parviennent pas à répondre à la hauteur nécessaire.

La France insoumise, comme avant le Front de gauche, comme Podemos ou Syriza, prétend répondre aux enjeux de la période. Mais, nous voulons mettre en débat plusieurs points.

 

L’unité est une question décisive

En organisant cette manifestation, Jean-Luc Mélenchon et la direction de la France insoumise ont affirmé qu’ils n’avaient que faire des autres organisations politiques ou du mouvement social, considérant qu’elles n’avaient qu’à se rattacher à l’initiative de la FI. Danielle Simonnet, de la FI, raillait, elle, la « farandole de logo » des habituelles mobilisations du mouvement ouvrier.

Pourtant, tous les syndicalistes, touTEs les militantEs savent que le succès d’une initiative dépend bien de l’unité des organisation du mouvement ouvrier (et des ses logos) mais aussi des forces qu’ils/elles mettent pour construire une échéance. Pour gagner contre un gouvernement comme celui de Macron, il faut que touTEs les militantEs joignent leurs forces dans la bataille.

Le NPA propose que se tienne une réunion de toutes les organisations, politiques, syndicales, associatives qui veulent se battre contre le gouvernement afin d’organiser un plan d’action pour gagner. 

 

Pour gagner contre Macron, il faut aller vers la grève générale

On l’a vu, le gouvernement se fout de son opposition parlementaire, comme il méprise les mobilisations qui ne sont pas suffisamment fortes. C’est logique puisque, dans la phase actuelle du capitalisme, les gouvernements rompent le compromis social historique mis en place à la fin de la seconde guerre mondiale, c’est-à-dire l’intégration de nombreuses conquêtes sociales pour endiguer les révoltes massives intervenues à ce moment-là.

Pour faire reculer le gouvernement, il ne suffira pas de manifestations, si fortes soient-elles. Il faut bloquer le pays, bloquer la production. Cela nécessite un mouvement de grève massif, reconductible, dans le plus grand nombre de secteurs possibles, appuyés sur de grandes manifestations. Un mouvement qui ressemble le plus possible à une grève générale, à un novembre-décembre 95, à un Mai 68.

Un tel mouvement, pour être massif, devrait mobiliser toutes les catégories du monde du travail, dans les grandes entreprises, mais aussi dans les petites boites, les PME, les petitEs artisanEs. Nous avons besoin, pour cela, d’assemblées générales, de Nuit debout, qui donne la parole à celles et ceux d’en bas, qui redonne espoir dans l’action collective.

 

Le peuple français ou le monde du travail ?

Jean-Luc Mélenchon affirme que le moteur du changement serait maintenant le peuple, que les classes sociales ne joueraient qu’un rôle secondaire. Nous sommes en total désaccord avec cette affirmation ! Bien sûr, d’autres mouvements jouent un rôle très important : la lutte féministe, en particulier, mais aussi les mobilisations antiracistes ou écologistes.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : Macron est bien la tentative de remobiliser, au sommet de l’Etat, le grand patronat et le personnel encadrant les travailleurs/ses. Sa politique n’est pas une politique contre la France ou le peuple français, c’est une politique pour la bourgeoisie française et contre touTEs les classes populaires du pays.

La conception de Mélenchon le conduit à défendre les ventes d’armes françaises (son amour pour le Rafale…), l’influence coloniale de la France dans les « cinq continents » ou à reprendre la phrase du FN sur les travailleurs détachés qui voleraient « le pain des Français ».

Heureusement, bien des militantEs de la FI ne partagent pas ces conceptions dangereuses. D’ailleurs, dans un mouvement comme le mouvement actuel, on voit que ce sont les travailleurs/ses qui forment la classe qui peut débloquer la situation. En effet, les questions décisives sont les suivantes : combien de grévistes y aura-t-il à la prochaine journée d’action ? La grève des routiers va-t-elle changer le climat social ? 

Car ce sont celles et ceux qui vivent de leur travail et font tourner la société, qui peuvent bloquer le système, imposer d’autres politiques et renverser le capitalisme.

 

Pour renverser le capitalisme, il faut une stratégie

La crise climatique, la violence ignoble des gouvernements contre les migrantEs, le retour en force de l’ordre moral, les guerres, la menace de l’extrême droite montrent qu’au-delà de l’épreuve de force contre Macron, il faut de toute urgence rompre avec le capitalisme.

Pour notre parti, nous considérons que cela passe par le fait d’ôter le pouvoir aux capitalistes : leur prendre le contrôle des grandes entreprises et faire en sorte qu’elles soient gérées par les travailleurs/ses ; briser la machine d’Etat et la remodeler complètement, par un mouvement venu d’en bas, l’auto-organisation des travailleurs/ses qui se mettent à gérer tous les aspects de la société.

Il ne suffira pas de simples changements institutionnels, d’une 6e République. Il faut que tout soit remis en cause, tout remodelé à partir des mobilisations sociales. En effet, on a pu constater ces dernières années que les organisations, même les plus radicales, qui ne souhaitaient que des changements institutionnels ont échoué et que… ce sont elles que les institutions ont changé : Syriza en Grèce, Lula au Brésil se sont adaptés au capitalisme et mènent des politiques libérales alos qu’ils prétendaient défendre les classes populaires.

 

Un parti démocratique pour renverser le système

La direction de la FI prétend construire un mouvement, pas un parti, méprisant au passage le Parti communiste et toute l’histoire du mouvement ouvrier. Pour nous, construire un parti, c’est essentiel car cela signifie l’implication de touTEs les militantEs dans les actions et les décisions. C’est, sur le modèle de la société que nous voulons construire, une tentative que ceux d’en bas se saisissent de tous ce qui les concerne pour changer les choses.

Il ne peut pas y avoir de bouleversement démocratique, social, économique sans que celles et ceux qui produisent les richesses ne deviennent les acteurs/trices principaux/ales de l’action. C’est ce que nous avons voulu montrer en présentant un ouvrier, Philippe Poutou, à la présidentielle, qui ne respecte pas les institutions du capitalisme et montre que nous devons touTEs agir.

C’est ce que le NPA continuera à faire dans la prochaine période : proposer l’unité la plus large pour agir, construire des mouvements de masse, et défendre et construire une alternative pour renverser le capitalisme.

 

Version PDF

Licence créative commons

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.