Souscription : C’est pas fini, ça ne fait que commencer…

À cela deux explications. La première est assez simple et pratique. Si nous connaissons à l’instant T le montant des dons qui ont été faits au NPA via notre site internet, nous n’avons pas encore totalement fini de centraliser les dons fait par chèques, transmis notamment par les comités des différentes régions. 

Mais à la vérité, plus substantiellement, si aucun chiffre définitif ne sera annoncé dans les lignes suivantes (cherE lecteurE, je discerne déjà ta déception...), c’est parce que cette souscription lancée en septembre dernier ne peut trouver son point final au 31 décembre 2018. 

De la sympathie politique au geste de soutien

Comme vient de le montrer le nouvel Acte des Gilets jaunes samedi dernier, le gouvernement n’en a pas fini avec la colère sociale contre l’inégale répartition des richesses et l’injustice fiscale. Cette ébullition sociale, qui constitue aujourd’hui une grande partie de l’activité du NPA, ne doit pas être déconnectée de la recherche de moyens sonnants et trébuchants pour notre propre apparition, pour notre propre intervention : cela en est même un terreau propice. 

Bien sûr, pour les militantEs anticapitalistes, ceci est loin d’être une évidence car nos soucis quotidiens sont un peu ailleurs : diffuser nos idées par tract ou en vendant notre hebdomadaire préféré, participer à une AG de Gilets jaunes, pousser pour que sa section syndicale rentre enfin dans la danse, préparer la prochaine grande journée de manifestation, etc. Du coup, solliciter notre milieu (en particulier parmi les nouvelles rencontres faites ces dernières semaines) pour lui demander d’exprimer une solidarité financière avec nos idées, nos combats, n’a rien d’une évidence, en particulier dans un contexte où la question des difficultés de boucler le mois, de la vie chère, sont centrales. Comme un petit sentiment de décalage dirons-nous…

Pourtant, nous devons nous convaincre du contraire : dans un tel climat de contestation, malgré les difficultés de fric que nous rencontrons régulièrement, les petits ruisseaux de sympathie à l’égard de notre discours, de nos engagements, de nos pratiques, peuvent devenir de grandes rivières financières, pour peu que l’on ose aborder largement la question de notre souscription.

Et après on continue ?

Si le mouvement des Gilets jaunes est loin d’être terminé, on peut déjà s’interroger sur la suite, en particulier sur la façon dont la politisation produite par cette séquence va se traduire ces prochains mois, à commencer chez les « néo-militantEs » de ce mouvement. De ce point de vue, les prochaines élections européennes, qui ont lieu dans cinq mois, en seront une des traductions, certes déformées mais une traduction quand même. Cela renforce la nécessité de faire entendre une voix anti­capitaliste et internationaliste aussi sur ce terrain-là.

En effet, dans le contexte de crise politique sans précédent, les élections européennes de mai constitueront le premier test électoral à grande échelle depuis l’arrivée de Macron au pouvoir en mai 2017. Elles auront lieu dans un contexte de poursuite de son offensive contre les classes populaires et la jeunesse et, au niveau international, de violence des attaques menées contre les droits démocratiques et sociaux, contre les migrantEs, ainsi que contre l’environnement. Entre libéralisme pro-européen et solutions nationalistes ou souverainistes, nous allons être sommés de choisir notre camp. C’est sur ce faux choix que cherchent à surfer à la fois un Macron posant en garant de « l’ordre républicain » et rempart contre l’extrême droite, et une Marine Le Pen qui entend tirer les marrons du feu du mouvement des Gilets jaunes. 

Pour faire résonner le combat pour la justice sociale, si les anticapitalistes ne se font pas entendre ces prochains mois, y compris dans les urnes, il n’y aura pas grand monde pour à la fois défendre jusqu’au bout des mesures de rupture avec l’austérité, pour une autre répartition des richesses, une démocratie radicale... Mais vous l’aurez compris, pas la peine de vous faire un dessin, tout cela a aussi un coût.

Alors la souscription du NPA, c’est stop ou encore ? Poser la question, c’est déjà y répondre.

https://souscription.npa2009.org

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