Souscription 2017 : Le mammouth socialiste doit être dégraissé !

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Politique
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Épisode 1 : de l’opulence à la diète. 

En trois épisodes, faisons un petit tour des conséquences financières de la débâcle politique du Parti socialiste. Et l’on verra que le PS, comme la majorité de la population, va devoir « faire des efforts ». Mais pour quoi faire ? Et comment ? Et au profit de qui ? Dans ce premier épisode, voyons ce qu’il en est de l’état des finances du PS.

Légitimement étrillé lors du dernier printemps électoral après plus de trois décennies d’une politique passée de la social-démocratie au libéral-sécuritaire, le Parti socialiste doit (aussi) payer l’addition au sens propre. 

Dépendance financière à l’État

Progressivement coupé de toute base militante de masse et de ses cotisations afférentes, transformé en parti d’élus et de leur entourage, totalement intégré aux institutions comme un quasi-parti d’État avec son frère siamois de droite, le PS a logiquement fini par perdre toute indépendance politique mais aussi financière vis-à-vis de la bourgeoisie et de son État.

La chute est d’autant plus rude qu’avant d’être presque PASOKisé avec 6,35 % des suffrages au premier tour de la dernière élection présidentielle, et un nombre de députés divisé par 10 quelques semaines plus tard aux législatives, le PS a pour la première fois tenu toutes les rênes du pouvoir en 2012, ayant remporté les scrutins à tous échelons nationaux dans un grand chelem historique : municipales 2008, régionales 2010, cantonales 2011, présidentielle et législatives 2012... allant même jusqu’à décrocher, de manière mécanique et très symptomatique, une inédite et éphémère majorité au Sénat entre 2011 et 2014.

Monter très haut pour descendre très bas

De manière homologue, les finances de la formation de la rue de Solférino sont elles aussi passées d’une opulence exceptionnelle à une débâcle qui l’est tout autant. Considérant le nombre d’élus de tous niveaux que le PS possédait à son apogée en 2012 et une relative embellie des effectifs ; considérant aussi la très bonne gestion des finances d’un parti sans dettes aucune et possédant même de la trésorerie, en ceci à l’opposé d’une droite qui s’enfonçait dans un délire inédit avec l’affaire Bygmalion ; considérant tout cela, on peut même parler d’un « rise and fall » politico-financier. Monter très haut, pour descendre très bas...

Les défaites aux échéances locales entre 2012 et 2017 ont tout d’abord fait baisser les recettes d’environ 10 %, ramenant les capacités du PS de 65 millions d’euros à 58-59 millions d’euros. Moins d’élus locaux, c’est moins d’indemnités (partiellement) reversées au parti. La santé de certaines fédérations s’en est ressentie : premières suppressions de postes, campagne de sauvetage du local d’une fédération du Nord accusant un déficit d’un million d’euros. Mais c’est le financement d’État direct, au titre des résultats aux législatives et du nombre d’élus au Parlement qui représente le véritable magot et dont la perte sonne le glas. De 28 millions d’euros lors du dernier quinquennat, le PS n’en touchera plus que 8 millions pour les cinq années à venir. Une baisse de de 75 %...

La suite au prochain épisode. Et en attendant, séchez vos larmes de crocodile et faites un don au NPA !

Sylvain Madison

 

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