Rouen : premières Assises pour la défense des libertés

L’initiative, organisée le 26 juin, est partie de l’Assemblée citoyenne de Sotteville (AC), qui réunit des Gilets jaunes et des citoyenEs de Sotteville et d’ailleurs, depuis plus de 3 mois.

Face au matraquage, à la traque, aux blessures, aux amendes, aux poursuites judiciaires dont sont victimes les Gilets jaunes, il est apparu impossible de les laisser isolés, sans que le mouvement syndical, associatif, politique apporte son soutien aux victimes. Au-delà, l’idée était d’impulser une réelle convergence de tous les secteurs de la population confrontés à la répression, dans les entreprises, parmi les militantEs syndicalistes, les salariéEs, les militantEs écologistes, les migrants, les jeunes des quartiers, etc.

Gilets jaunes, avocatEs, street medics…

Les Assises n’ont pas été faciles à organiser car l’AC, structure informelle, inhabituelle, heurte syndicats et associations. Nous avons finalement obtenu les signatures de partis politiques de la gauche radicale, de certaines associations et de deux syndicats, Solidaires et l’UD CGT. C’était important, même si on peut regretter que beaucoup se soient contentés de signer sans vraiment mobiliser. L’AC voulait que cette réunion ait lieu dans un espace public. Mais ni la préfecture ni la mairie ne voyaient d’un bon œil un rassemblement avec des Gilets jaunes dans Rouen... 

La réunion a tout de même eu lieu et a été une réussite : 250 personnes. Des témoignages de victimes de violences, dont une majorité de femmes ; des interventions d’avocatEs engagéEs au côté des Gilets jaunes ; les streets medics, elles et eux aussi en butte aux violences des flics quand ils viennent secourir les manifestantEs blessés ; une journaliste a témoigné des atteintes à la liberté de la presse, montrant qu’il ne faut pas mettre touTEs les journalistes dans le même panier. Des représentantEs de Solidaires et de l’UD CGT ont apporté leur soutien. Deux Gilets jaunes actifs au rond-point des Vaches ont pris la parole : l’un pour dénoncer l’État policier et appeler à la convergence ; l’autre pour raconter comment, le jour même, un Gilet jaune avait été attaqué à coups de taser et interpellé car il n’avait pas ses papiers lors d’un contrôle d’identité ! 

La soirée s’est terminée, après une pause sandwichs-boissons, par une assemblée-débat, avec 120 personnes. Tout s’est passé dans le calme. Il est vrai qu’on n’a pas vu les forces de l’ordre durant le meeting. Quelques voitures avec policiers en civil (la BAC) ont tourné à la fin, provocateurs, autour de la place, mais ils n’ont pas approché. Une fois la réunion terminée, on a pu sans encombre aller au commissariat pas loin, prendre des nouvelles du copain arrêté le matin.

Correspondante 

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