Refuser le « Grand débat », continuer le combat, préparer la grève du 5 fevrier

Cela fait plus de deux mois que le mouvement des gilets jaunes percute la situation politique et sociale et rend crédible la possibilité de gagner contre Macron. Le « Grand débat », ou plutôt le Grand blabla, ne répondra pas aux attentes des classes populaires, et le « président des patrons » s’entête à appliquer son programme. Face à nos revendications sur les salaires et la justice fiscale, sa seule réponse est la répression brutale.

 

Leurs blabla, nos débats pour construire la mobilisation

Les médias ont beau diffuser des images de Macron en bras de chemises, le gouvernement n’est pas crédible. Le débat est complètement manipulé : zones en état d’urgence policière pour « protéger » la réunion, interventions des maires triées sur le volet par les préfets… Et lorsque les Gilets jaunes veulent intervenir, il leur faut entrer en force, comme cela a été le cas vendredi 18 janvier à Besançon lors d’une réunion organisée par le député LREM…

Le vrai débat se mène dans la mobilisation : sur les ronds-points, dans les manifs, et dans les assemblées générales. À l’ordre du jour, la stratégie du mouvement. L’idée du nécessaire élargissement fait son chemin avec un grand nombre de syndicalistes qui y participent, des rassemblements devant certaines entreprises pour obtenir des augmentations de salaires, des enseignantEs « Stylos rouges », et/ou des AG cherchant à impulser des luttes dans leurs secteurs...

 

En grève pour bloquer le pays

L’idée du blocage est dans la tête des Gilets jaunes depuis le début : ronds-points, péages, raffineries... C’est bien en touchant à l’économie que l’on peut construire un rapport de forces. Le mardi 5 février, la CGT appelle à la grève dans tous les secteurs professionnels. Beaucoup de gilets jaunes prennent positivement cet appel et proposent de commencer ce jour-là une grève générale reconductible. Dès maintenant, nous devons tou·te·s, gilets jaunes, syndicalistes, salariéEs, discuter de cette perspective sur nos lieux de travail.

Le problème des revenus - salaires, pensions et allocations - est la question clé de la mobilisation : gagner une augmentation de 300 euros pour tou·te·s, le SMIC à 1800 euros net, l’indexation des revenus sur les prix… C’est la meilleure façon d’augmenter le pouvoir d’achat et d’unifier l’ensemble du monde du travail.

 

Dégager Macron et son monde

Les Gilets jaunes font souffler un vent de contestation et montrent, semaine après semaine, leur détermination et leur capacité à affronter ce gouvernement : dans la rue mais aussi sur le terrain politique en refusant les cadres institutionnels de « débats » dans lesquels ce pouvoir cherche à les engluer.

Nous n’en pouvons plus de ce système capitaliste qui fait que 26 personnes détiennent autant de richesses que la moitié de l’humanité ! Et cette année encore, 40 milliards d’euros de CICE de cadeaux fiscaux sont donnés aux grandes entreprises. De l’argent, il y en a pour mettre en place des mesures d’urgence pour la population : pour les salaires, le développement des services publics (par l’embauche d’un million de fonctionnaires). Il faut supprimer le CICE, rétablir l’ISF… et en finir avec Macron et son système.

Mercredi 23 janvier 2019

 

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