Les nôtres : « Le Grand Michel »

C’était l’appellation familière qu’employaient ses collègues et camarades d’atelier, d’usine qu’ils soient bretons, algériens, portugais, marocains, kurdes ou drouais… Tout le petit peuple de la grande usine Radiotechnique Compélec (Philips) sur la route de Paris, à Dreux.

Michel était ouvrier électromécanicien et militant de la CGT.

Grand Michel, c’était sa taille, sa carrure, sa forte voix mais surtout son intransigeance face au patronat et aux petits chefs hargneux. C’était aussi sa solidarité ouvrière sans faille.

Il fut de tous les combats pour la dignité ouvrière et c’est au tout début des années 1980, dans la grande lutte contre les licenciements dans l’usine, qu’il rejoint la LCR et contribue, avec d’autres, à construire un groupe ouvrier, implanté fortement dans l’usine puis dans les entreprises de la ville.

Il devint un des dirigeants en vue de la CGT dans la boîte, de la métallurgie CGT et un des porte-parole de la LCR sur la ville.

Plusieurs fois candidat de notre parti aux élections, il était aussi un militant intraitable contre le FN, le racisme et le fascisme… et pas seulement en paroles !

Michel était emblématique de cette organisation ouvrière qu’était la LCR dans la région de Dreux durant les années 1980-1990, tant dans le combat quotidien que contre la montée du FN… et encore plus récemment dans la défense des sans-papiers.

Après une longue et douloureuse maladie, Grand Michel nous a quitté à 69 ans.

Même si ces dernières années, après son licenciement puis sa retraite, il avait pris du large avec le militantisme, il gardait la hargne de classe qui fait la vraie histoire du mouvement ouvrier, doublée d’une grande lucidité politique et humaine avec toujours des colères et des indignations contre l’injustice.

Personne ardente et critique, Michel était aussi un fin jardinier et cuisinier qui savait ouvrir sa porte et sa table aux camarades et amiEs avec un savoir-faire sans pareil. Autour de ses plats et de ses bouteilles on se sentait bien.

Tu nous manqueras.

À toutes et à tous.

À tes enfants, tes petits-enfants, à ta compagne et notre camarade Francine.

Avec toute notre peine. Hasta Siempre.

Des camarades de la LCR, du NPA, de Dreux et d’ailleurs.

 

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