Les nôtres: Jacques Boisset

Au terme d’un combat de presque deux années contre la maladie, Jacques, notre ami et camarade, nous a quittés à l’âge de 72 ans.

Jacques, à l’École normale supérieure dont il est sorti agrégé de philosophie, a été percuté par Mai 1968 et soudain mis en présence des idées dans la rue, lui qui avait fréquenté jusqu’alors surtout les textes. À la sortie, il n’a pas souhaité se consacrer à l’enseignement supérieur comme on le lui proposait, préférant enseigner toute sa vie dans une banlieue populaire, rester dans son appartement HLM. Toujours animé par sa conviction profonde de la nécessité de changer le monde, il a d’abord sympathisé avec les idées maoïstes, puis libertaires. À la fondation du NPA, il s’est joint à nous, enthousiasmé par le projet de construire un nouveau parti anticapitaliste. Il a longtemps milité dans le comité d’Alfortville, puis à Rouen. Il s’est partagé longtemps entre Alfortville et Rouen et il n’hésitait pas à faire le trajet à moto pour se rendre là où l’appelaient ses tâches militantes. Il militait aussi à Attac. 

Il était un homme discret que connaissaient surtout les camarades du SO, dont il appréciait la fraternité. Parallèlement, il a beaucoup travaillé sur les droits des femmes et les racines de leur oppression, les questions religieuses et enfin le Capital, qu’il a relu entièrement pour confronter cet énorme texte aux réalités du 21e siècle et tenter d’en mettre la pertinence à l’épreuve des faits, travail auquel il a consacré une année entière. Avec lui disparaît une somme de connaissances et de réflexions qui auraient pu nous être encore utiles.

Nous garderons le souvenir d’un militant dévoué qui ne comptait pas sa peine et trouvait encore le temps d’émerveiller ses amis sur Facebook par ses commentaires, ses photos et ses réflexions philosophiques. Il avait un esprit aussi brillant que modeste, accompagné d’un humour imparable qu’il a conservé même dans les pires moments. Sensible au sort des plus démunis, il participait entre autres au combat des sans-papiers, des sans-logis, au collectif Syrie. « Une belle personne », comme il est écrit dans les nombreux hommages qui lui sont rendus.

Nos pensées vont à ses proches et en particulier à sa compagne, notre camarade Brigitte, qui a veillé sur lui jusqu’à ses derniers instants. 

Camarade, ton combat continue. Tu restes dans notre cœur, nous ne t’oublierons pas.

Ses camarades et amiEs

 

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