Les Nôtres : Annie Rideau (1952-2017)

Notre amie et camarade Annie vient de nous quitter, à la suite d’une longue et douloureuse maladie qu’elle a combattue de toutes ses forces. Elle allait avoir 66 ans.

Une vie remplie de luttes et d’engagements multiples : plusieurs années conseillère municipale PCF à Cabestany (Pyrénées-Orientales) ; responsable syndicale à l’hôpital de Perpignan ; membre du bureau de l’UD CGT 66 dans les années 1990. Elle ne passait pas inaperçue : une forte personnalité, dans ce milieu plutôt « masculin ». Elle avait su s’imposer, gagner le respect de ses pairs, par ses convictions, sa sincérité, sa générosité, son opiniâtreté, son efficacité dans l’organisation du quotidien militant et des luttes.

Annie a été à la fondation du NPA où elle a retrouvé les valeurs émancipatrices qui étaient les siennes et une opportunité de reconstruire, dans le cadre d’un nouveau parti, l’espoir perdu dans les politiques des gouvernements « de gauche » et dans la poussière du mur de Berlin. Elle en était devenue un pilier et une figure, représentant notamment notre parti dans plusieurs élections. Elle alliait un franc-parler salutaire à une écoute des autres. Toujours attentive à ses camarades, à ce qu’ils et elles soient bien intégrés dans un collectif militant, consciente que ce parti ne pourrait être vraiment un outil pour la transformation sociale que s’il se tournait résolument vers les plus exploitéEs et oppriméEs par le capitalisme. Un combat qu’elle savait indispensable mais difficile, et duquel elle a dû finir par se retirer.

Mais, même après son départ du NPA, et malgré sa maladie qui ensuite a commencé à la ronger, nous étions côte à côte dans de nombreuses luttes sociales et politiques : avec les PalestinienEs ; contre les réactionnaires nostalgiques de l’Algérie française (toujours actifs et influents dans ce département) ; aux côtés des femmes victimes de violences ; en soutien aux sans-papiers et aux chibanis – ces vieux migrants maghrébins, surexploités pendant des décennies et aujourd’hui à la retraite et harcelés de façon ignoble par l’administration française. Ce sera le dernier combat d’Annie, qui leur a consacré jusqu’au bout, au sein de l’ASTI 66, ses dernières forces. Ils étaient présents, nombreux, le jour de ses funérailles.

Son humour, sa joie, sa chaleur, sa détermination, son intelligence et son expérience alliées à une grande modestie vont nous manquer.

Ses amiEs et camarades du NPA 66

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