Les 100 ans de la Révolution d’octobre fêtés à Toulouse

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Le samedi 16 décembre, à l’initiative du NPA 31, près de 400 personnes se sont retrouvées salle San Subra à Toulouse pour fêter le centenaire de la première révolution sociale victorieuse de l’histoire. C’est Olivier Besancenot qui a animé la discussion. 

Notre camarade, auteur du livre Que faire de 1917 ? (éditions Autrement), est revenu, devant une salle très attentive, sur les raisons pour lesquelles il était important pour nous de ne pas laisser les médias dominants étouffer la mémoire d’Octobre. Oui, il s’agissait bien d’une révolution et pas d’un putsch du parti bolchévik. Une révolution qui a mis en branle des millions de personnes, hommes et femmes, travailleurEs, soldatEs et paysanEs. Ces masses se sont auto-organisées dans des milliers de conseils (soviets) et ont commencé à prendre leurs affaires en main ! Une vision à l’opposé de ce que les vainqueurs temporaires de l’histoire veulent nous faire croire quant au caractère minoritaire de cet évènement, qui a pourtant façonné un siècle d’histoire et de conquêtes sociales à travers le monde.

Mais si nous nous revendiquons de la révolution d’Octobre, cela ne nous empêche pas, à la lumière de cette expérience, d’en tirer des bilans critiques. L’incapacité à étendre la révolution à d’autres pays, notamment en Europe occidentale, la limitation des libertés politiques, la répression contre toute forme d’opposition et la montée du stalinisme ont participé de la contre-révolution bureaucratique. La question posée est donc : comment, dans un processus révolutionnaire à venir, pourrons-nous éviter de tomber dans les mêmes écueils ? Le pluralisme politique et la compréhension que c’est bien aux travailleurEs, et non aux partis, de diriger la société, sont essentiels. Mais dans la dynamique même des cadres d’auto-organisation, des processus de bureaucratisation peuvent apparaître. La rotation des mandats et leur limitation dans le temps, l’absence de privilèges matériels sont des pistes utiles et vitales pour l’avenir de la révolution.

En bref, un moment politique riche, partagé avec une salle composée de jeunes, de syndicalistes, de militantEs associatifs ou politiques et de curieux qui ont été attentifs à la campagne de Philippe Poutou l’an passé. Ceci est la démonstration que cette page de l’histoire du mouvement ouvrier, et les bilans que nous pouvons en tirer, peuvent trouver un écho à l’intérieur d’une nouvelle génération militante qui n’a pas renoncé à renverser le capitalisme !

La soirée s’est terminée par un concert endiablé emmené par le Sidi Wacho Sound System de Saïdou (Ministère des affaires populaires – MAP) qui a fait venir pour l’occasion à Toulouse un groupe Hip Hop/Cumbia chilien (Hentrenamientoh) et un duo acoustique de Montpellier. 

Correspondant

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